Ukraine : au moins 17 morts à Kiev dans les pires frappes russes sur la capitale, dit le maire

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Un immeuble résidentiel détruit à Kiev, le 2 juillet 2026
Un immeuble résidentiel détruit à Kiev, le 2 juillet 2026 ( Genya SAVILOV / AFP )

Des drones et missiles russes ont massivement frappé Kiev dans la nuit, faisant au moins 17 morts et près de 90 blessés, lors de la pire attaque sur la capitale selon son maire, le Kremlin assurant qu'il allait "continuer à augmenter la pression" sur le pays.

Selon les services de secours ukrainiens, au moins 17 personnes sont mortes et les recherches de survivants se poursuivent sous les gravats d'immeubles détruits.

Près de 90 personnes ont été blessées, selon les autorités. Des pans entiers de bâtiments résidentiels se sont effondrés, un bâtiment abritant des ambulances a été touché.

Il s'agit de l'attaque "la plus massive" sur la capitale depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, a affirmé le maire Vitali Klitschko, qui a déclaré vendredi "jour de deuil".

Volodymyr Zelensky et son chef de la diplomatie ont immédiatement exhorté leurs alliés à leur fournir rapidement des systèmes de défense antiaérienne, le président ukrainien demandant en particulier une licence des Etats-Unis pour pouvoir produire les missiles Patriot.

La veille, il avait indiqué depuis Dublin rentrer immédiatement à Kiev, disant craindre une attaque "de grande envergure" de la Russie et appelant les habitants à se protéger.

"La Russie va continuer à augmenter la pression sur le régime de Kiev afin d'obtenir la réalisation des objectifs qu'elle s'est fixée", a déclaré jeudi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov à des journalistes, en réponse à une question de l'AFP sur d'éventuelles nouvelles sanctions européennes contre Moscou.

La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, avait déclaré plus tôt qu'elle allait proposer de nouvelles sanctions à l'encontre des "entités soutenant le complexe militaro-industriel russe".

Pour Berlin, l'attaque souligne que "Poutine ne montre aucune volonté de négocier", selon un porte-parole de la diplomatie allemande, affirmant que le soutien à Kiev sera à l'agenda du prochain sommet de l'Otan à Ankara.

Le ministère russe de la Défense a, lui, parlé d'une "frappe massive" menée "en réponse aux attaques terroristes du régime de Kiev contre des infrastructures civiles", assurant que des "entreprises de l'industrie militaire et des sites énergétiques" ont été visés dans Kiev et sa région.

L'Ukraine a intensifié ces derniers mois ses attaques contre le territoire russe, ciblant notamment des infrastructures énergétiques, alors que les négociations sous médiation américaine pour mettre fin à la guerre sont à l'arrêt.

L'armée de l'air ukrainienne a dénombré 74 missiles et 496 drones, dont respectivement 48 et 476 ont été interceptés.

"Une caractéristique de cette attaque massive a été l'utilisation simultanée de différents types de moyens d'attaque aérienne provenant de diverses directions, ainsi que l'emploi d'un grand nombre de missiles balistiques et de drones", a-t-elle souligné.

"Véritable cauchemar"

A Kiev, des journalistes de l'AFP ont entendu des explosions pendant plusieurs heures et l'alerte aérienne a duré plus de 11 heures d'affilée.

De la fumée s’élève après une frappe de missile russe sur la capitale ukrainienne, Kiev, le 2 juillet 2026
De la fumée s’élève après une frappe de missile russe sur la capitale ukrainienne, Kiev, le 2 juillet 2026 ( Sergei SUPINSKY / AFP )

Dans les rues, les habitants ont afflué vers les abris, des matelas sous le bras. Quelque 52.000 personnes, dont 4.500 enfants, se sont réfugiés dans les stations de métro, le chiffre nocturne le plus important de ces dernières années, selon l'opérateur du métro de Kiev.

"Il y eu trois frappes ici. La moitié du bâtiment est détruit, le toit n'existe plus", a déploré Sabina Mambetova, 32 ans, dont l'appartement a été détruit. "Il y a eu beaucoup de frappes auparavant, mais c'est la première fois que c'est comme ça", a-t-elle dit à l'AFP, parlant d'un "véritable cauchemar".

"J'ai attrapé mon enfant et couru vers un abri, dont je ne suis pas sorti avant ce matin. Beaucoup de mes proches ne répondent pas. Maintenant, nous essayons de joindre tout le monde", a expliqué Karina Taran, 25 ans, qui confie avoir cru vivre sa dernière heure.

Plus de quatre ans après le début de l'invasion russe de l'Ukraine, la capitale est régulièrement la cible d'attaques meurtrières, et parfois massives.

La semaine dernière, Volodymyr Zelensky a dit avoir approuvé une "opération d'influence" de 40 jours contre la Russie, "visant à la contraindre à mettre fin à la guerre".

Des secouristes se reposent sur le site d'un immeuble résidentiel endommagé à la suite d'une frappe aérienne russe sur Kiev, le 2 juillet 2026
Des secouristes se reposent sur le site d'un immeuble résidentiel endommagé à la suite d'une frappe aérienne russe sur Kiev, le 2 juillet 2026 ( Roman PILIPEY / AFP )

Le 18 juin, une attaque ukrainienne massive a fait 17 blessés et touché une raffinerie majeure de Moscou.

Dans la nuit de mercredi à jeudi en Russie, un civil a été tué dans la région de Belgorod, frontalière de l'Ukraine, et un autre dans la région de Nijni Novgorod, à 400 km à l'est de Moscou, dans des attaques de drones ukrainiennes, selon les autorités locales respectives.

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