L'incendie de la forêt de Fontainebleau toujours en propagation, malgré les grands moyens engagés
Les secours tentent lundi de "fixer" l'incendie, possiblement volontaire, qui a parcouru en moins de 24 heures au moins 800 hectares de la forêt de Fontainebleau, toujours en propagation malgré le déploiement au sol de 500 pompiers et l'engagement de moyens inédits dans le ciel de la région parisienne.
"L'enjeu aujourd'hui (...) c'est de pouvoir fixer le feu, stopper sa propagation. Le feu est toujours en propagation libre", a déclaré à la presse le porte-parole des sapeurs-pompiers de Seine-et-Marne, le commandant Sylvain Wdowik.
Le combat contre ce sinistre qui s'est déclaré dimanche vers 17H00 nécessite l'engagement d'avions bombardiers d'eau, une première en Île-de-France.
Deux Canadair écopent dans la Seine depuis tôt lundi matin avant de larguer 6.000 litres d'eau toutes les deux minutes sur la forêt en feu. La veille déjà, deux Dash avaient été utilisés pour répandre au sol du produit retardant. Et ce sans compter le recours, classique, à des hélicoptères bombardiers.
Des renforts sont venus de toute la France et devaient continuer à arriver. Mais la tâche est rendue difficile par la configuration escarpée de certaines zones et les petits feux épars qui apparaissent çà et là, a constaté un journaliste de l'AFP.
Le vent recouvre la zone, soufflant sur les cendres dans un air quasiment irrespirable, obstrué par la fumée.
"On est clairement dans les trois plus mauvaises conditions", a indiqué le lieutenant-colonel Olivier Compta, commandant des opérations de secours. Soit un vent "à plus de 30km/h", et même "plutôt vers 50", une température "largement" au-delà de 30°C et un taux d'hygrométrie "extrêmement faible".
Une fois le feu fixé, il faudra encore plusieurs jours voire plusieurs semaines pour éteindre complètement l'incendie et s'assurer qu'il n'y ait pas de reprise.
Procureure saisie
Sur place, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a estimé que le sinistre pourrait avoir "une origine volontaire", ce que suggère la découverte d'"une dizaine de points de départ de feu dans un périmètre de 1.000 mètres". La procureure de la République de Fontainebleau a été saisie.
L'emblématique massif forestier de Fontainebleau couvre environ 25.000 ha à 60 km au sud-est de Paris et accueille chaque année 15 millions de visiteurs, ce qui en fait une zone sensible, au-delà de son sol sableux et de sa végétation de fougères et de résineux particulièrement inflammables.
Pour Frédéric Valletoux, député Horizons de Seine-et-Marne et ancien maire de Fontainebleau, la présence d'habitations en lisière de forêt "rend difficiles" les opérations. "On n'est pas sur un morceau de nature dans lequel il n'y a pas d'habitants", a-t-il fait valoir sur BFMTV.
"On s'est tenu au courant par les informations et les allocutions du maire, toutes les heures. Comme tout le monde, on se tient prêt, les véhicules prêts, un sac à dos. On ne peut qu'attendre, ça sert à rien de paniquer avant", explique-t-il. Prêt à évacuer, comme environ 900 personnes déjà mises en sécurité entre dimanche soir et lundi matin.
Aucune habitation n'a cependant été touchée et aucun blessé n'est à déplorer, s'est réjoui Laurent Nuñez.
Poursuites pénales
L'incendie suscite une vive émotion dans la région.
Le Premier secrétaire du PS et député de Seine-et-Marne Olivier Faure déplore un "désastre écologique (...) à pleurer". La présidente LR de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, espère que "les pyromanes seront retrouvés et sanctionnés de la peine exemplaire qu'ils méritent".
La Seine-et-Marne fait face depuis le déclenchement de la vigilance rouge canicule samedi à plusieurs incendies d'ampleur, dont trois sont des feux de chaume, qui ont couvert près de 400 hectares au total avant d'être maîtrisés.
Les sinistres ont entraîné dimanche l'interruption de la circulation sur une portion de l'autoroute A6, tout comme elle l'avait été plus à l'est sur l'A5.
Ils ont aussi provoqué des retards de plusieurs heures sur les TGV au départ ou à l'arrivée de la gare de Lyon. Lundi après-midi, un incendie au bord de la voie ferrée, cette fois près de Sens dans l'Yonne, perturbait de nouveau le trafic ferroviaire des lignes à grande vitesse du même axe.
Les fortes chaleurs, qui étouffent l'Île-de-France et une bonne partie du pays depuis plusieurs jours, accroissent considérablement le risque de départs de feux, attisés aussi par la sécheresse des sols.
Selon Laurent Nuñez, 32.000 hectares ont été "parcourus" par le feu depuis le début de l'année en France, soit plus que durant "toute la saison 2025" des incendies.
Les autorités ont prévenu que les responsables, volontairement ou par imprudence, feraient l'objet de poursuites pénales.
Elles ne laisseront "rien passer", a martelé samedi le ministre, qui a indiqué lundi que 44 personnes avaient été placées en garde à vue depuis le début de l'été.
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