Incidents à Paris après Bayern-PSG: une centaine de gardes à vue
Policiers légèrement blessés, mâchoire brisée pour un interpellé, dégradations, présence d'arme dans les attroupements: 95 personnes, dont neuf mineurs parisiens, ont été placées jeudi en garde à vue après les incidents dans la capitale qui ont suivi le match Bayern-PSG mercredi soir.
Ce bilan a été établi jeudi après-midi par le parquet de Paris, qui souligne que 14 mineurs résidant à l'extérieur de Paris, relevant donc de la compétence d'autres parquets, ont été aussi placés en garde à vue.
Parmi les infractions les plus graves, le ministère public parisien fait état de "violences sur les fonctionnaires de police", délit faisant encourir cinq ans d'emprisonnement et 15.000 euros d'amende. Certaines de ces violences sont aggravées par les circonstances "de réunion et d'arme", ce qui fait encourir dix ans d'emprisonnement et 150.000 euros d'amende.
Concernant les majeurs, deux procédures ont été classées, l'une pour "irrégularité procédurale", l'autre "faute d'éléments de preuve". Une autre garde à vue a été levée, la personne interpellée "ayant eu la mâchoire brisée au cours de l'intervention". "L'enquête se poursuit en préliminaire", détaille le parquet de Paris.
Cent vingt-sept personnes ont été interpellées dans l'agglomération parisienne, onze ont été blessées, dont une gravement, et 23 policiers atteints légèrement avait annoncé jeudi matin le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez.
Le ministre a condamné sur CNews et Europe 1 "ces débordements", qui "deviennent malheureusement habituels les soirs de victoire du Paris Saint-Germain". Mercredi soir, le club du Ballon d'Or Ousmane Dembélé s'est offert une deuxième finale de Ligue des champions consécutive en éliminant le Bayern Munich (1-1 en demi-finale retour après le 5-4 de l'aller) en Bavière.
Expo touchée
Et les célébrations ont donc été entachées par débordements et tensions à Paris.
Près du Parc des Princes, les forces de l'ordre, en nombre, ont lancé des gaz lacrymogènes sporadiquement pour empêcher l'accès aux abords du stade, a constaté une journaliste de l'AFP.
Quelques personnes ont tenté de descendre sur une bretelle d'accès au périphérique mais ont été rapidement repoussées par les policiers, a relevé la préfecture de police en fin de soirée.
Par ailleurs, le photographe Yann Arthus-Bertrand a déploré que l'exposition de photos installée en plein air par la Fondation Good Planet sur la place de la Concorde ait été endommagée après le match.
"Vive le foot... Vive la photographie et surtout vive le vivre ensemble", a-t-il posté sur Instagram, accompagné d'images montrant des panneaux en bois portant les photos mis à terre.
La Ville de Paris a condamné "les dégradations constatées place de la Concorde" et salué "la réaction immédiate des agents municipaux, mobilisés dès ce matin pour remettre l'exposition en état, ainsi que les Parisiennes et les Parisiens ayant apporté leur aide spontanée".
D'autres condamnations, des incidents en général, sont venues de l'extrême droite. Marine Le Pen (RN), sur X, a réclamé "une politique de tolérance zéro à l'égard de cette délinquance des mineurs qui pourrit la vie des Français". "Le football ne peut plus être le faire-valoir de la guérilla urbaine et d'une forme de sécession", a renchéri Éric Ciotti (UDR, allié au RN) sur le même réseau social.
"Encore des émeutes après Bayern-PSG. Ce sera encore de la faute de tout sauf des émeutiers...", a tweeté Sarah Knafo (Reconquête).
- Fan zone -
Pour la finale de la Ligue des champions, qui opposera le PSG à Arsenal le 30 mai à Budapest, Laurent Nuñez s'est par ailleurs inquiété de l'annonce "de manière unilatérale" du maire de Paris, Emmanuel Grégoire, d'installer une fan zone ce soir-là. "En général, a-t-il ajouté, on discute un peu, avec le préfet de police, avant ça. Ça n'a pas été le cas. Il faudra qu'on voie où cette fan zone va être organisée".
"Le maire a évoqué hier (mercredi) un souhait, qui est d'ailleurs celui de nombre de supporteurs parisiens qui s'en sont félicités, à savoir celui d'un lieu de retransmission gratuit pour pouvoir partager un moment de joie collective", a réagi l'entourage d'Emmanuel Grégoire, sollicité par l'AFP.
L'éventuelle mise en place d'une fan zone se fera "en tenant compte des questions de sécurité, comme (le maire) l'a d'ailleurs dit hier", a-t-on ajouté de même source.
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