Trump tempère les espoirs d'un accord rapide avec l'Iran
Donald Trump a tempéré dimanche les espoirs d'un accord imminent avec l'Iran pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient, malgré des signes de progrès des deux côtés.
"J'ai demandé à mes représentants de ne pas se précipiter pour conclure un accord, car le temps joue en notre faveur", a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social, en prévenant aussi que le blocus imposé par son pays aux ports iraniens resterait en vigueur "jusqu'à ce qu'un accord soit conclu, certifié et signé".
Un haut responsable américain, cité par Axios, a pour sa part indiqué que la Maison Blanche ne s'attendait pas à ce que l'accord soit scellé dimanche. La présidence "pense que l'approbation de l'accord par le pouvoir iranien pourrait prendre plusieurs jours", selon le média.
Déclenché le 28 février par une attaque américano-israélienne sur l'Iran, le conflit s'est étendu à une grande partie du Moyen-Orient et a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban où le mouvement pro-iranien Hezbollah a rejoint les hostilités début mars en visant le territoire israélien.
Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril entre l'Iran et les Etats-Unis, mais l'économie mondiale continue d'être secouée par le quasi blocage du stratégique détroit d'Ormuz à l'initiative de l'Iran depuis près de trois mois.
"Si je conclus un accord avec l'Iran," a affirmé Donald Trump dans un nouveau message dimanche, "ce sera un bon accord, sérieux, pas comme celui conclu par (Barack) Obama", faisant là référence à l'accord nucléaire de 2015 négocié par l'ancien président démocrate et dont il s'est retiré lors de son premier mandat.
Le dirigeant républicain semblait répondre ainsi aux critiques émises ce week-end dans son propre camp vis-à-vis d'un accord qui serait favorable à l'Iran.
Selon les médias américains, cet accord permettrait aux navires de franchir à nouveau Ormuz, passage par lequel transitait un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde avant le conflit.
Quid du nucléaire?
Selon CBS News, qui cite des sources proches des discussions, la dernière proposition comprendrait également le dégel de certains actifs iraniens dans des banques à l'étranger.
"Malgré des discussions entamées aujourd'hui (dimanche), les Etats-Unis continuent de bloquer certaines clauses de l'accord, notamment la question du déblocage des avoirs iraniens gelés, et ces points restent à ce moment irrésolus", a cependant indiqué l'agence de presse Tasnim en fin de journée.
Fars rapporte quant à elle que les sanctions visant le pétrole, le gaz et autres produits pétrochimiques seraient également levées le temps de la poursuite des négociations afin de permettre à l'Iran d'exporter ces productions, primordiales pour son économie.
L'accord discuté ne semble pas régler en revanche la question nucléaire.
" Les négociations sur le nucléaire sont des questions hautement techniques. On ne peut pas régler une question nucléaire en 72 heures sur un coin de table", a déclaré le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio au New York Times depuis New Delhi.
Une fois acquise la réouverture du détroit d'Ormuz, "nous entamerons, selon des modalités convenues, des négociations très sérieuses sur l'enrichissement, sur l'uranium hautement enrichi et sur leur engagement à ne jamais se doter d'armes nucléaires", a-t-il dit, évoquant à cet égard un délai de "60 jours".
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dit dimanche avoir convenu avec M. Trump que tout accord final avec l'Iran devait "éliminer entièrement la menace nucléaire", selon un communiqué après un entretien téléphonique samedi soir entre les deux alliés.
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur dans ces négociations, a alimenté dimanche le scénario d'une résolution du conflit en plusieurs temps, en déclarant espérer "accueillir très prochainement la prochaine séance de négociations". Une première s'était tenue à Islamabad le 11 avril, sans débouché.
"Droit de se défendre"
Sur le front libanais, deux personnes ont été tuées dimanche par des frappes israéliennes, au lendemain d'un raid israélien qui a fait 11 morts, a annoncé le ministère de la Santé, malgré la trêve en cours depuis le 17 avril.
M. Netanyahu a affirmé dimanche que Donald Trump avait, lors de son appel téléphonique, réitéré "le droit" d'Israël à se défendre sur tous les fronts, notamment au Liban, tandis que le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a dit espérer que l'accord entre Washington et Téhéran inclurait son pays.
Mais le dirigeant du mouvement chiite a aussi une nouvelle fois rejeté les négociations directes du gouvernement libanais avec Israël, dont une quatrième session est prévue début juin à Washington, et répété qu'un désarmement de son organisation, exigé par les autorités libanaises, concrétiserait un "projet israélien".
Le chef de la diplomatie américaine a accusé le mouvement pro-iranien de vouloir "replonger le Liban dans le chaos".
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