Ukraine: "pas une centrale électrique" épargnée par les frappes russes, dit Zelensky
"Pas une seule centrale électrique" n'a été épargnée par les frappes russes, a affirmé le président ukrainien Volodymyr Zelensky samedi à Munich, tandis que les livraisons des alliés pour la défense aérienne ukrainienne arrivent selon lui parfois "au dernier moment".
Kiev et ses alliés accusent Moscou de viser systématiquement les infrastructures ukrainiennes, privant des centaines de milliers de foyers de chauffage et d'électricité en plein milieu de l'hiver, particulièrement glacial cette année.
Lors d'un discours d'une trentaine de minutes à l'occasion de la Conférence annuelle sur la sécurité de Munich, le dirigeant ukrainien a également qualifié son homologue russe Vladimir Poutine d'"esclave de la guerre". Vladimir Poutine "ne peut se résoudre à abandonner l'idée même de la guerre", a-t-il affirmé.
Près de quatre ans après le déclenchement de l'invasion russe à grande échelle de l'Ukraine, M. Zelensky a aussi regretté la lenteur des décisions politiques qui doivent permettre de contrer les attaques russes.
"Parfois, nous parvenons à livrer de nouveaux missiles à nos (systèmes) Patriots ou à nos NASAMS juste avant une attaque, et parfois à la toute dernière minute", a-t-il affirmé.
Vendredi, le président américain Donald Trump avait appelé M. Zelensky à "se bouger" pour parvenir à un accord avec la Russie, avant un nouveau cycle de négociations la semaine prochaine à Genève entre Moscou, Kiev et Washington.
Le président ukrainien a dit espérer que ces nouvelles négociations seraient "sérieuses et substantielles".
Mais selon lui, "les Américains reviennent souvent sur la question des concessions, et trop souvent ces concessions sont abordées uniquement dans le contexte de l'Ukraine, pas de la Russie".
Les derniers pourparlers entre Russes, Ukrainiens et Américains ces dernières semaines à Abou Dhabi ont bloqué en particulier sur la question d'un possible partage de territoires entre Kiev et Moscou.
Le dirigeant ukrainien a regretté l'absence des alliés européens dans les négociations. "L'Europe n'est pratiquement pas présente à la table. C'est une grosse erreur, selon moi", a-t-il affirmé.
- "Folie" -
M. Zelensky a également accusé Vladimir Poutine de vouloir "répéter" l'épisode de la conférence de Munich en 1938, lorsque les puissances européennes avaient accepté le démembrement de la Tchécoslovaquie pour tenter d’apaiser Adolf Hitler, avant que la Seconde Guerre mondiale n’éclate un an plus tard.
"Ce serait une illusion de croire que cette guerre peut désormais être durablement réglée en divisant l'Ukraine, tout comme il était illusoire de croire que sacrifier la Tchécoslovaquie sauverait l’Europe d’une grande guerre", a-t-il déclaré.
"Ce qu'ils veulent au minimum, c'est le Donbass, la région de Donetsk, à 100 %, pour présenter ça comme une victoire", a déclaré le président ukrainien lors d'une conférence de presse plus tard samedi.
"On ne peut pas se retirer de notre territoire, ni échanger une parcelle contre une autre. C'est de la folie. Il ne s'agit pas seulement de terres: 200.000 personnes y vivent, des milliers y ont perdu la vie", a-t-il ajouté.
Lors de son discours, il a répété que Kiev faisait "tout" pour mettre fin au conflit, soulignant que seules de véritables garanties de sécurité permettraient d’aboutir à un accord durable et d'empêcher de futures agressions russes.
M. Zelensky a également réaffirmé que l'Ukraine organiserait des élections une fois qu’elle disposerait de garanties de sécurité et qu’un cessez-le-feu serait conclu.
"Nous pouvons aussi accorder un cessez-le-feu aux Russes s’ils organisent des élections en Russie", a-t-il ironisé, sous les applaudissements. Vladimir Poutine dirige la Russie depuis fin 1999.
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