Eni dévoile sa stratégie de croissance durable et de discipline financière pour 2026-2030
(Zonebourse.com) - Eni a présenté ce jeudi son plan stratégique pour la période 2026-2030. Pour les quatre prochaines années, la société italienne d'hydrocarbures misera sur un modèle financier innovant, basé sur des sociétés "satellites" capables d'autofinancer leurs plans d'investissement. Ce modèle, combiné à une forte croissance organique, devrait améliorer la génération de flux de trésorerie disponible (FCF) et maximiser la discipline de capital..
En conséquence, Eni revoit à la hausse ses perspectives de FCF. Soutenue par un endettement historiquement bas, l'entreprise prévoit de renforcer la rémunération de ses actionnaires en augmentant son taux de distribution (payout).
Le pétrole et le gaz restent les piliers de sa stratégie
Eni confirme sa position de leader mondial de l'exploration. Depuis 2014, le groupe a découvert plus de 11 milliards de barils équivalents pétrole (boe), dont 900 millions en 2025. L'année 2026 démarre sur une base solide avec des perspectives prometteuses intégrées à ce plan. "Ce succès repose sur un investissement continu dans le capital humain et la technologie pour soutenir la croissance tout au long du cycle industriel", souligne le groupe italien.
En 2026, Eni sera actif en Afrique de l'Ouest (bassin d'Orange et marge transformante), en Afrique du Nord (bassins de Berkine et de Syrte), en Méditerranée orientale, en Norvège et en Asie du Sud-Est, tout en saisissant de nouvelles opportunités au fil de l'année.
Depuis 2014, Eni a converti 60% de ses découvertes en production ou en vente, réalisant ainsi des gains d'efficacité et des économies d'échelle significatifs grâce à sa chaîne de valeur E&P (Exploration & Production) axée sur la croissance organique.
La production publiée (= chiffre officiel que l'entreprise inscrit dans ses états financiers finaux. Il représente ce que l'entreprise possède et produit réellement à un instant T, après avoir pris en compte tous les mouvements de son portefeuille) devrait croître de 3 à 4% par an jusqu'en 2030, portée par un pipeline de projets majeurs.
Pour l'activité GGP (Global Gas & LNG Portfolio), la société prévoit de générer un EBIT pro forma d'environ 1 milliard d'euros par an sur la durée du plan.
Transition énergétique : un modèle unique de croissance et de création de valeur
En outre, Eni met également en avant la création de ses deux activités intégrées à forte croissance pour accompagner ses clients dans la décarbonation de leur consommation d'énergie : Plenitude et Enilive. Au cours des deux dernières années, le groupe italien a attiré des capitaux de partenaires financiers de premier plan dans ces deux entités majeures, leur conférant une valeur d'entreprise combinée de plus de 23 MdsEUR.
Dans le cadre du plan de croissance de Plenitude, Eni a annoncé ce matin un plan de révision de l'actionnariat et la déconsolidation de la société. L'objectif est d'assurer un alignement total du capital et de soutenir la croissance de la manière la plus efficace financièrement.
Ce mouvement stratégique implique une augmentation de capital non proportionnelle de 1,5 MdEUR, souscrite par les actionnaires.
La capacité renouvelable installée était de 5,8 GW fin 2025 ; l'objectif de 15 GW d'ici 2030 est confirmé.
Suite à l'acquisition d'Acea Energia, la base clients dépassera les 11 millions.
Eni prévoit pour Plenitude un Ebitda de 1,3 MdEUR en 2026, avec un objectif de plus de 2,5 MdsEUR d'ici 2030.
De surcroît, Eni confirme l'objectif d'Enilive d'atteindre une capacité de production de 5 millions de tonnes de biocarburants d'ici 2030, avec une option pour que le carburant durable d'aviation (SAF) représente plus de 2 millions de tonnes. Fin 2025, la capacité était de 1,65 million de tonnes. Actuellement, environ 2 millions de tonnes (part Eni) sont en cours de construction via 5 projets différents.
Avec la reprise des marchés bios, Eni attend d'Enilive un Ebitda de 1,1 MdEUR en 2026. Ce chiffre devrait tripler pour atteindre 3 MdsEUR d'ici 2030, avec une rentabilité du capital investi (ROACE) supérieure à 15%.
Désendettement et rendement accru pour les actionnaires
Par ailleurs, Eni explique que "ses investissements sur la période de ce plan devraient être inférieurs à 6 MdsEUR par an (soit environ 2 Mds de moins que le plan 2025-2028), grâce aux initiatives d'efficacité et à la déconsolidation de certaines activités.
En incluant les transactions de portefeuille, les investissements nets tombent à environ 5 MdsEUR par an.
Pour 2026, les investissements sont prévus à 7 MdsEUR (en baisse de 18% par rapport à 2025), ou environ 5 MdsEUR après effets de portefeuille.
Grâce à la qualité de ses nouveaux projets, Eni prévoit une croissance "très compétitive" :
- CFFO par action : croissance annuelle composée (CAGR) de 14% jusqu'en 2030.
- CFFO total : à partir de 11,5 MdsEUR en 2026 (sur la base d'un baril à 70 USD), Eni anticipe un CFFO cumulé d'environ 71 MdsEUR sur la durée du Plan.
- flux de trésorerie disponible (FCF) : plus de 40 MdsEUR générés sur 2026-2030 (plus de 45 Mds avec l'effet de portefeuille).
- ROACE : la rentabilité du capital investi est projetée à environ 13% d'ici 2030.
- endettement (Gearing) : le ratio d'endettement pro forma était de 14% fin 2025. Eni prévoit de le maintenir entre 10 et 15% sur tout le plan, un niveau historiquement bas.
En outre, profitant de son bilan solide et de ses nouveaux flux de trésorerie, Eni améliore sa politique de distribution :
- taux de distribution (Payout) relevé à une fourchette de 35-45% du CFFO (contre 35-40% précédemment).
- dividende 2026 : fixé à 1,10 EUR, en hausse d'environ 5%.
- rachat d'actions : intention de racheter pour 1,5 MdEUR d'actions dans le cadre du programme 2026.
La société italienne confirme qu'elle partagera les surplus de trésorerie avec ses actionnaires :
- scénario jusqu'à 90 USD/bbl : 60% des flux de trésorerie excédentaires par rapport au plan seront alloués à des rachats d'actions supplémentaires.
- scénario au-delà de 90 USD/bbl : si le prix moyen du Brent dépasse les 90 USD/bbl, ou si les prix du gaz/marges de raffinage dépassent de 50% le budget, la totalité du flux de trésorerie incrémental sera versée sous forme de dividende extraordinaire au dernier trimestre de l'année.
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source : AOF
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