Beev : "Flambée des prix du carburant, le passage au véhicule électrique devient impératif"
(Zonebourse.com) - Acteur du leasing de voitures électriques, avec plus de 5 000 particuliers et entreprises déjà accompagnés, la startup française Beev dresse, après une semaine de crise du pétrole, un premier état des lieux de la situation économique à laquelle sont confrontés les automobilistes en France. En mars 2026, le gazole a franchi la barre symbolique des 2 euros le litre, tandis que le sans-plomb 95 s'établit autour de 1,83 EUR. En l'espace d'une semaine, le prix du diesel a bondi de 28 centimes, une hausse inédite depuis l'été 2022. En cause : les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et les perturbations autour du détroit d'Ormuz, qui ont propulsé le baril de pétrole au-delà des 100 dollars.
Dans ce contexte, l'électrification du parc automobile apparaît comme un levier de plus en plus tangible pour réduire la dépendance aux carburants fossiles.
Selon plusieurs estimations, les véhicules électriques ont permis d'éviter la consommation d'environ 96 milliards de litres de pétrole en 2025. Cela représente près de 1,66 million de barils de pétrole par jour, soit environ 264 millions de litres de carburant fossile qui ne sont plus brûlés quotidiennement par les moteurs thermiques. Un volume considérable qui illustre l'impact grandissant de la mobilité électrique, alors même que la transition ne fait que commencer.
Face à la flambée des prix des carburants et à l'incertitude géopolitique, de nombreux Français semblent ainsi se tourner vers les véhicules électriques, attirés par la perspective d'une mobilité moins dépendante des fluctuations du pétrole. Maintenant, une question s'impose : et si la transition vers l'électrique n'était pas seulement un choix écologique, mais aussi un impératif économique ?
L'instabilité structurelle du prix du carburant
Pour Beev, la flambée des prix du carburant que traverse actuellement la France n'a rien d'un simple épisode passager : elle reflète une instabilité durable du marché pétrolier, amplifiée par les crises géopolitiques à répétition et une fiscalité défavorable aux moteurs thermiques. Au coeur du phénomène, l'effet "fusée et plume" : les prix à la pompe s'envolent dès que le baril grimpe, mais redescendent au ralenti. Un processus qui suit la logique des distributeurs qui ajustent immédiatement les hausses en cas de crise mais attendent d'écouler leurs stocks achetés plus cher avant de baisser les tarifs lorsque la situation géopolitique se calme.
A cette mécanique s'ajoute la répétition des chocs internationaux. L'invasion de l'Ukraine en 2022 avait déjà déclenché une flambée des prix, poussant l'Etat à mobiliser un bouclier énergétique de 36 MdsEUR entre 2021 et 2024. Aujourd'hui, un nouveau contexte de tensions au Moyen-Orient ravive ce cycle, rappelant à quel point la dépendance au pétrole expose les automobilistes à des hausses brutales et incontrôlables.
Une fiscalité particulièrement lourde en France
Beev souligne ensuite que "derrière un litre de gazole vendu 1,953 EUR en France se cache une réalité souvent méconnue : la majeure partie du prix ne dépend pas directement du pétrole". En effet, la matière première et son raffinage ne représentent qu'environ un tiers du tarif payé à la pompe (69 centimes, soit 35,33% du prix total), tandis que les deux tiers restants sont constitués de taxes. Parmi elles, la TICPE (60,8 centimes, soit 31,13% du prix total) qui est calculée au volume et reste fixe quel que soit le prix du baril, alors que la TVA (20,4 centimes, soit 10,44% du prix total) va elle augmenter mécaniquement avec chaque hausse du litre (avec une TVA sur la TICPE à hauteur de 12,2 centimes, soit 6,25% du prix total) un mécanisme parfois qualifié de "taxe sur la taxe".
A cette structure déjà lourde s'ajoute depuis le 1er janvier 2026 une nouvelle hausse liée aux certificats d'économies d'énergie, passée de 11 à 16-17 centimes par litre, ce qui représente un surcoût d'environ 1,25 à 1,50 EUR pour un plein moyen. Décidée avant même les tensions au Moyen-Orient, cette augmentation illustre le poids déterminant de la fiscalité dans le prix final du carburant.
Un coût du transport et de la distribution qui ne cesse d'augmenter
La start-up française soulève aussi que "le coût du transport et de la distribution du carburant a fortement progressé en France au cours de la dernière décennie". Selon les données disponibles, ces frais ont plus que doublé depuis 2015 pour l'ensemble des carburants. Pour le gazole, ils sont passés de 8,6 centimes par litre en 2015 à 21,9 centimes en 2025, soit une hausse de près de 142%. La même tendance s'observe pour l'essence, avec une augmentation de 152% pour le SP95-E5 et de 157% pour le SP95-E10 sur la même période.
Cette progression s'explique notamment par la hausse des coûts logistiques, de l'énergie et des infrastructures. Résultat : même si ces frais restent moins visibles que les taxes ou le prix du pétrole, ils pèsent désormais de plus en plus lourd dans le prix final payé à la pompe par les automobilistes.
Une addition particulièrement lourde pour les conducteurs français
La hausse du carburant frappe de plein fouet les automobilistes et les professionnels, alors que la France est l'un des pays où le carburant est déjà parmi les plus chers d'Europe. Pour un utilitaire parcourant 30 000 km par an avec une consommation de 7 litres aux 100 km, la facture annuelle atteint 3 612 EUR avec un gazole à 1,72 EUR le litre comme en février. Mais avec un litre à 2 EUR comme en mars 2026, l'addition grimpe immédiatement à 4 200 EUR, soit 588 EUR de plus par véhicule et par an en une seule semaine de crise. "Et ce surcoût ne vient jamais seul : il s'ajoute à une fiscalité élevée et à des prix déjà supérieurs à la moyenne européenne", affirme Beev. En France, le SP95-E5 tourne autour de 1,74 EUR contre 1,63 EUR dans l'Union européenne, et le gazole autour de 1,67 EUR contre 1,59 EUR en moyenne. Résultat : chaque hausse du baril se transforme rapidement en coup dur pour le portefeuille des conducteurs.
Le passage au véhicule électrique : un impératif économique dans le monde de 2026
En 2026, faire le choix de la voiture électrique devient un impératif économique pour les particuliers, les professionnels et les entreprises. "Tant que la majorité des Français roule au thermique, la dépendance au pétrole expose l'ensemble du pays et de son économie à une volatilité imprévisible des prix et aux décisions incontrôlables de puissances étrangères", observe Beev. L'électrique rompt cette dépendance et transforme la transition énergétique en véritable outil de contrôle financier et de souveraineté nationale. Contrairement au carburant, l'électricité bénéficie de contrats à prix connus et fixes, protégés des fluctuations des marchés et des tensions géopolitiques. Cette stabilité permet de sécuriser les budgets mobilité et de prévoir l'avenir avec beaucoup plus de sérénité. Une logique qui gagne du terrain en temps de crise alors que les concessionnaires voient la demande en véhicules électriques exploser ces dernières semaines.
"Avec la flambée des prix du carburant, tout le monde est impacté : particuliers comme entreprises voient leur budget exploser. Pour les flottes, chaque semaine de crise peut coûter des milliers d'euros, et pour les Français, chaque plein devient une douleur quotidienne. En 2026, rester sur le thermique, c'est subir le pétrole et son imprévisibilité. Passer à l'électrique, c'est reprendre le contrôle : un prix stable de l'énergie, des coûts de recharge 3 à 4 fois moins chers, un entretien réduit de 30 à 40%, et des avantages fiscaux pour les professionnels. Les chiffres parlent d'eux-mêmes et personne ne peut les contredire : aujourd'hui, l'électrique n'est plus un choix, c'est une nécessité économique et sociale. La transition énergétique devient dès lors un levier de rentabilité pour les entreprises et de sérénité pour tous les conducteurs", explique Solal Botbol, cofondateur et PDG, Beev.
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source : AOF
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