Hier à Wall Street : de nouveaux gains, malgré un cessez-le-feu toujours précaire
(Zonebourse.com) - Les marchés US semblent empressés de prendre pour argent comptant n'importe quelle bonne nouvelle "sur le papier", même si les faits démentent ce qui enflamme l'imagination des investisseurs (comme le cessez-le-feu de la veille qui aura tenu moins de 6 heures). Ils ont exulté mercredi, ils n'ont rien lâché jeudi et les indices US en rajoutent avec des gains de 0,6% (S&P 500 à 6 825 et Dow Jones à 48 186) à 0,7% (Nasdaq à 25 082), alignant ainsi pas moins de 7 séances de hausse consécutive.
Le S&P 500 et le Nasdaq sont repassés au-dessus de leurs moyennes mobiles à 100 et 200 jours, et reviennent à 2,5% et 4% de leurs records absolus respectifs, et 4,3% pour le Dow Jones.
Pour le S&P 500 ( 0,62%) revenu sur ses niveaux du 10 mars, c'est comme si la guerre n'avait jamais eu lieu, comme si la planète revenait à son état du 1er janvier (à peine 0,4% de perte annuelle).
Hésitants au cours des premières 90 minutes, les indices US ont repris leur ascension, portés par la rumeur de négociations directes entre Tel-Aviv et Beyrouth pour une résolution du conflit, le sort de la fragile trêve entre les États-Unis et l'Iran dépendant en grande partie d'un cessez-le-feu entre Israël et le Liban.
Qui aurait pu imaginer Wall Street progressant sans aucun temps mort depuis le 30 mars, en dépit des destructions considérables d'infrastructures civiles tout autour du Golfe persique et en Israël (installations pétrolières, centrales thermiques, terminaux portuaires, complexes sidérurgiques et chimiques) ces 10 derniers jours... qui vont amputer la production d'énergie, d'engrais, de composants de base pour l'industrie.
Vu le contexte géopolitique chaotique et la dégradation des paramètres économiques internes aux États-Unis (croissance en berne, inflation en hausse, endettement au zénith), la déconnexion de Wall Street avec la situation réelle n'est jamais apparue aussi flagrante.
Car ce ne sont pas les "chiffres du jour", ni les précédents, qui peuvent justifier l'optimisme de Wall Street.
Les signaux de ralentissement se succèdent, le produit intérieur brut des États-Unis a encore été révisé à la baisse (après 1,4% puis 0,7%) et ne serait plus que de 0,5% au 4e trimestre selon les chiffres définitifs (les analystes tablaient sur 0,7%) : soit un rythme divisé quasiment par 9 d'un trimestre sur l'autre (après 4,4% au trimestre précédent).
Par ailleurs, en février, l'indice des prix PCE ressort en hausse de 0,4% en février sur un mois : il est conforme aux attentes et identique au chiffre de janvier mais c'est une photo d'un passé déjà révolu. Sur un an, il s'établit à 2,8%, également en ligne avec le consensus, mais l'inflation "core" atteint 3%... et ces chiffres datent d'avant l'envolée de 30 à 40% du prix des carburants au mois de mars.
Par ailleurs, les revenus des ménages américains ont reculé de 0,1% en mars alors qu'ils étaient attendus en hausse de 0,3%.
Rien ne va dans les perspectives économiques depuis le "shutdown" mais les indices US gravitent entre 2 à 4% au-delà de leurs niveaux du 1er octobre dernier.
Même sans une guerre qui va doper l'inflation et plomber la croissance mondiale, la performance des actions américaines serait inespérée : elle devient surréaliste.
Idem pour les T-Bonds : leur rendement fait du yo-yo ce jeudi avec un pic à 4,32%, suivi d'une détente vers 4,275%, le "30 ans" est retombé de 4,914% vers 4,885%, le "2 ans" retombe de 1,8 point vers 3,778%.
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source : AOF
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