L'Irak dévalue le dinar pour amortir la chute de ses recettes pétrolières

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L'Irak dévalue le dinar pour amortir la chute de ses recettes pétrolières
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(Zonebourse.com) - Comment gagner plus avec chaque dollar de pétrole quand on en vend moins ? Confronté à la chute de ses exportations, l'Irak a choisi de jouer sur sa monnaie. En dévaluant le dinar de 14,5%, Bagdad soulage ses finances publiques. Avec un revers : ce que l'Etat gagne au change, les consommateurs pourraient le perdre en pouvoir d'achat.


Le gouvernement irakien a approuvé un nouveau taux de change pour le dinar, désormais fixé à 1 520 dinars pour un dollar américain. La monnaie irakienne est ainsi dévaluée de 14,5% par rapport au taux précédent. Cette décision intervient alors que le conflit en Iran pèse sur les exportations de pétrole de l'Irak et, par conséquent, sur les recettes de l'Etat.

Petit rappel sur les taux de change

Avec un taux de change flottant, la valeur d'une monnaie évolue en fonction de l'offre et de la demande sur le marché. La plupart des grandes devises fonctionnent selon ce principe. C'est notamment le cas de l'euro, du dollar, du franc suisse ou de la livre sterling.

Dans un régime de change fixe, le cours de la monnaie est administré par l'État, généralement par l'intermédiaire de la banque centrale. Celle-ci détermine la quantité de monnaie nationale nécessaire pour obtenir une devise étrangère. C'est le système appliqué en Irak.

L'Irak vend moins de pétrole, son budget encaisse le choc

Avec la guerre en Iran, l'Irak exporte moins de barils de pétrole. En août, ses ventes sont tombées à 2,34 millions de barils par jour, contre 3,6 millions avant le conflit. Or le pétrole représente une part majeure des recettes de l'État irakien. Malgré la hausse des cours provoquée par le conflit, la baisse des volumes exportés l'emporte : Bagdad encaisse moins de dollars.

L'Irak confirme alors qu'il va ajuster les taux afin d'amortir ce trou d'air budgétaire. En dévaluant le dinar, chaque dollar rapporte davantage de monnaie locale. Autrement dit, un dinar vaut moins de dollars (ou un dollar vaut plus de dinars). Dès lors, les exportations de barils de pétrole libellés en dollars rapportent plus de dinars à l'État irakien.

Le revers de la médaille

Cette opération améliore mécaniquement les finances publiques sans nécessiter de vendre davantage de pétrole. C'est particulièrement utile puisque les dépenses de l'État irakien sont, elles, principalement libellées en dinars. Mais ce n'est pas de l'argent gratuit. Ce que l'État gagne, les consommateurs risquent de le payer.

En effet, si un dinar vaut moins de dollars, cela peut avoir tendance à renchérir le coût des importations qui sont libellées en dollars. Les importations deviennent plus chères et favorisent l'inflation importée dans le pays, ce qui peut faire baisser à terme le pouvoir d'achat des ménages.

La dévaluation ne crée donc aucune richesse supplémentaire et ne remet aucun baril dans les oléoducs irakiens. Elle permet surtout à Bagdad de convertir les dollars qu'il lui reste en davantage de dinars, au prix d'une facture potentiellement plus lourde pour les consommateurs.

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source : AOF

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