Shell plonge, objectifs de production réduits et hausse des pertes anticipées au premier trimestre
(Zonebourse.com) - Shell recule de 5,96%, à 3 356 pence, après une mise à jour alarmante de ses activités. Le producteur et le distributeur anglo-néerlandais de pétrole et de gaz naturel a non seulement abaissé ses prévisions de production en raison du conflit actuel au Moyen-Orient, mais a également anticipé des pertes ajustées plus importantes au premier trimestre 2026. Elles sont désormais estimées entre 800 millions et 1 milliard de dollars, contre une fourchette précédente de 400 à 600 MUSD.
En outre, il anticipe sur cette période de trois mois une production upstream comprise entre 1,76 et 1,86 million de barils équivalent pétrole par jour, contre une prévision précédente de 1,7-1,9 million.
La production de gaz intégré pour ce trimestre est attendue entre 880 000 et 920 000 barils équivalent pétrole par jour, contre une fourchette antérieure de 920 000-980 000 barils. Cette nouvelle estimation reflète la baisse des volumes au Qatar liée au conflit actuel au Moyen-Orient.
Le volume de liquéfaction de GNL devrait se situer entre 7,6 et 8 millions de tonnes au premier trimestre, à comparer aux 7,8 millions de tonnes enregistrés au quatrième trimestre. Shell signale que ces chiffres reflètent la montée en puissance de LNG Canada, compensée par des contraintes météorologiques en Australie et des interruptions de production de GNL au Qatar.
Par ailleurs, Shell prévoit une baisse de son besoin en fonds de roulement (BFR) qui devrait s'établir dans une fourchette négative de 10 à 15 MdsUSD. "Ce recul s'explique par la volatilité extrême des prix des matières premières, qui pèse lourdement sur la valorisation de ses stocks", fait savoir la compagnie pétrolière.
La dette nette hors trésorerie devrait s'alourdir de 3 à 4 MdsUSD. Cette hausse est principalement portée par l'augmentation des coûts variables des locations de navires sur le long terme.
Commentant la mise à jour sur les perspectives de Shell, ING estime que "ce premier trimestre présente plusieurs aspects intéressants qui sont globalement positifs, bien qu'un impact géopolitique significatif soit toujours attendu pour le deuxième trimestre".
Tout d'abord, la banque hollandaise note "l'impact négatif des interruptions de production de GNL (notamment au Qatar), et des volumes dans l'amont (upstream) inférieurs aux prévisions initiales". "Cependant, le mois de guerre en Iran a entraîné une nette amélioration des conditions de trading dans les segments marketing, raffinage et amont. Les marges de raffinage et, de manière plus surprenante, le taux d'utilisation sont tous deux en hausse. S'y ajoute l'effet de la hausse du prix des matières premières", relève ING.
De son côté, RBC fait savoir que "cette consommation massive de fonds de roulement de l'ordre de 10-15 MdsUSD souligne le caractère sans précédent du contexte actuel des prix des matières premières". Compte tenu de la solidité de son bilan, la banque canadienne pense que les investisseurs passeront outre cet élément.
Quant à Jefferies, le broker note que la marge de raffinage pour le segment Chemicals & Products établie à 17 USD/baril au premier trimestre, dépasse de 3 USD/baril le consensus et les chiffres du trimestre précédent (14/baril), grâce à un meilleur taux d'utilisation des capacités. De surcroît, Jefferies anticipe un impact positif d'environ 10% sur le consensus de résultat net (VA) de ce premier trimestre 26 qui est fixé actuellement à 5,286 MdsUSD.
Les performances de trading de la division Chemicals and Products devraient nettement progresser ce trimestre par rapport au quatrième trimestre 2025. Cette tendance haussière se retrouve également dans les bénéfices ajustés de la branche marketing, portée par son réseau de stations-service.
Shell publiera ses résultats du premier trimestre le 7 mai prochain. La compagnie a souligné que ces prévisions restent soumises à une incertitude accrue compte tenu de la situation au Moyen-Orient.
Le cessez-le-feu en Iran impacte Shell et les valeurs énergétiques
En outre, l'action de Shell dévisse après l'annonce d'un cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l'Iran la nuit dernière. D'ailleurs, toutes les valeurs du secteur énergétique dévissent après ce signal temporaire de désescalade dans le conflit américano-iranien. TotalEnergies signe la plus forte baisse du CAC 40 perdant près de 6%. Lanterne rouge du marché SRD, Maurel & Prom dévisse d'environ 14%. bp est relégué à la dernière place du FTSE 100, chutant de 6,15%.
Dans le détail, il s'agit d'un accord de cessez-le-feu de 15 jours entre les Etats-Unis et l'Iran. Conclu deux heures avant la fin de l'ultimatum fixé par Donald Trump, cet accord porte notamment sur la réouverture du détroit d'Ormuz. Avec ce signe d'apaisement de courte durée, le chef d'Etat américain suspend donc ses frappes sur l'Iran, tout en affirmant que la question de l'uranium iranien, un des points clés du conflit américano-iranien, sera "parfaitement réglée".
"Nous sommes très avancés dans la conclusion d'un accord définitif concernant une paix durable avec l'Iran et la paix au Moyen-Orient. Nous avons reçu une proposition en 10 points de la part de l'Iran, et nous estimons qu'il s'agit d'une base viable pour les négociations", a t-il aussi précisé.
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source : AOF
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