Aérien : trois analystes partagent leurs convictions sur le secteur
(Zonebourse.com) - Mauvais temps pour les compagnies aériennes. Alors que la guerre fait rage au Moyen-Orient, les professionnels de l'aérien ne subissent pas seulement la flambée des cours du pétrole : ils sont aussi contraints de fermer certaines lignes et d'adapter les plans de vols des autres. Et le pire ne serait pas forcément derrière : selon Deutsche Bank, "la situation va se dégrader".
"Malheureusement, nous pensons que le conflit au Moyen-Orient risque d'entraîner une contraction des marges cette année, en raison d'une hausse soudaine des prix du carburant que les compagnies aériennes auront probablement du mal à répercuter intégralement", indique Deutsche Bank.
Des compagnies relativement couvertes
Alors que le prix du kérosène au comptant s'établit actuellement à environ 1 800 dollars américains par tonne (en hausse de plus de 120% par rapport à la période pré-conflit), la banque allemande indique relever son hypothèse concernant les expositions non couvertes, la faisant passer d'environ 720 USD/tonne à environ 1 060 USD/tonne pour le reste de 2026 (et à 825 USD/tonne en 2027).
Chez AlphaValue, on estime pourtant que malgré la récente flambée des prix mondiaux du pétrole brut, les compagnies aériennes européennes restent structurellement protégées à court terme, avec des taux de couverture pour 2026 de 77% pour Lufthansa et de 62% pour IAG et Air France-KLM. "Bien que les compagnies aériennes aient instauré des surcharges carburant pour compenser l'augmentation de l'écart de prix entre le kérosène raffiné et le pétrole brut, ces coûts restent relativement faibles dans le contexte actuel", indique Yi Zhong, l'analyste en charge du dossier.
Des capacités réorientées
Dans une note publiée ce matin, UBS fait remarquer qu'au cours des deux dernières semaines, le Moyen-Orient a subi un recul marqué des capacités, de l'ordre de 30% en rythme hebdomadaire. "Nous anticipons une poursuite de cette contraction si la situation de conflit perdure, et les programmes de vols d'avril devraient refléter cette tendance", indique la banque suisse.
Le broker anticipe un ralentissement progressif des capacités long-courrier et court-courrier en Europe alors que le Moyen-Orient est clairement identifié comme un facteur de risque majeur, entraînant moins de vols, plus d'incertitudes et une pression accrue sur les résultats des compagnies aériennes.
"Les fermetures d'espace aérien en Iran, en Irak et dans certaines parties du Golfe ont paralysé la majorité des opérations au départ de ces plateformes aéroportuaires centrales", abonde Yi Zhong, qui rapporte que les grandes compagnies aériennes historiques européennes réorientent actuellement des capacités vers les liaisons Europe-Asie afin de capter le trafic reporté et de regagner des parts de marché.
Selon elle, les surcharges liées à la flambée des cours ne devraient d'ailleurs pas dissuader les passagers, qui privilégient actuellement la fiabilité des itinéraires et les solutions de contournement aux perturbations des liaisons aériennes dans le Golfe.
Deutsche Bank dégrade ses objectifs de cours
Dans ces conditions, Deutsche Bank indique réduire sa cible de 11 à 9 EUR sur Air France-KLM (conserver), de 465 à 340 pence sur easyJet (vendre), de 500 à 460 pence sur IAG (acheter) ; de 8,6 à 7 EUR sur Deutsche Lufthansa (conserver), de 33 à 31,5 EUR sur Ryanair (acheter) et enfin de 1 250 à 900 pence sur Wizz Air (conserver).
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source : AOF
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