Kering décroche lourdement en Bourse après une nouvelle déconvenue chez Gucci

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Kering décroche lourdement en Bourse après une nouvelle déconvenue chez Gucci
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(Zonebourse.com) - Kering a fait état hier soir d'un chiffre d'affaires au 1er trimestre conforme aux attentes, à l'exception notable de Gucci, son principal centre de profits, qui peine toujours à relancer sa marque en difficultés depuis maintenant plus de trois ans. Une énième déception qui se traduit par un repli de presque 9% du titre ce mercredi en début d'après-midi à la Bourse de Paris.

A 3,57 milliards d'euros, le chiffre d'affaires du propriétaire des marques Gucci, Bottega Veneta ou encore Yves Saint Laurent s'inscrit en recul de 6% en données publiées, mais ressort stable en données comparables par rapport au premier trimestre de l'année dernière, alors que le consensus des estimations d'analystes le donnait à 3,59 milliards.

La performance a été portée par la division de joaillerie Kering Jewelry, qui abrite notamment la marque Boucheron, dont le chiffre d'affaires a atteint un niveau record à 269 millions d'euros, en hausse de 14% en données publiées et de 22% en comparable.

Le pôle Kering Eyewear a lui aussi réalisé une performance historique, faisant de ce trimestre le meilleur de son histoire avec des ventes qui se sont élevées à 489 millions d'euros ( 3 % en réel et 7 % en comparable).

Mais la marque Gucci, qui reste le gros point noir de l'activité, a généré un chiffre d'affaires de 1,35 milliard d'euros au premier trimestre, en baisse de 14% en données publiées et de 8% en organique.

A titre de comparaison, les analystes attendaient un repli moins marqué, de l'ordre de 6%.

L'optimisme du marché douché par les chiffres

Dans une note de réaction publiée dans la matinée, les analystes d'Oddo BHF estiment que les performances de la griffe italienne restent toujours "loin du compte".

"Au vu d'un 1er trimestre encore en baisse significative et d'un impact graduel sur les prochains trimestres des nouvelles collections, l'objectif d'une croissance positive chez Gucci nous semble devenir difficile à atteindre", juge la banque privée.

Comme ses pairs, la marque aux deux G entrelacés évolue dans un contexte difficile, marqué à la fois par la morosité du marché chinois, l'émergence de nouvelles marques et maintenant la crise au Moyen-Orient.

Mais elle semble surtout être la victime d'un repositionnement sur le haut de gamme qui n'a pas été suivi par la clientèle, assortie d'un manque de créativité qui a conduit l'an dernier à la nomination du directeur artistique géorgien Demna, puis à l'arrivée de Luca de Meo au poste de directeur général, afin d'attirer de nouveau les consommateurs.

Une renaissance contrariée

Ses mauvaises performances, venues prendre à revers les promesses d'un redressement à venir, viennent un peu éroder l'optimisme qui entourait le dossier depuis un an.

"Les chiffres du premier trimestre viennent confirmer ce que nous avons déjà observé à maintes reprises au moment de la mise en place de plans de redressement", commentent les équipes de Luca Solca, analyste chez Bernstein.

"Il est toujours plus facile et rapide pour le marché de fantasmer sur une renaissance d'une marque que pour une équipe direction de la concrétiser dans les faits", explique le bureau d'études.

"Améliorer les marges semble réalisable : le mix produit progresse, le réseau de boutiques non productives est en cours de rationalisation et les programmes d'efficacité opérationnelle se poursuivent", poursuit Bernstein.

"En revanche, atteindre les objectifs de croissance du chiffre d'affaires chez Gucci semble bien plus complexe, compte tenu de la baisse enregistrée par la marque à la fin du premier trimestre 2026", ajoutent les analystes.

Une journée investisseurs sous haute surveillance

Ces difficultés accroissent un peu plus la pression sur le nouveau DG avant la rencontre avec la communauté financière très attendue de jeudi. Ce Capital Markets Day doit être l'occasion pour Luca de Meo de présenter en détail la feuille de route censée guider la nouvelle phase de la transformation de Kering.

Concernant l'exercice 2026, Kering s'est contenté de déclarer hier soir qu'il prévoyait de poursuivre sa progression cette année, toujours avec l'objectif de renouer avec la croissance et d'améliorer ses marges.

Cette journée d'investisseurs, qui se tient à Florence, pourrait être l'occasion de départager les tenants du scénario de la reprise et les observateurs plus pragmatiques qui attendent de constater de réels progrès dans la génération de flux de trésorerie.

Pour certains, les chiffres contrastés de Gucci méritent en tout cas une analyse approfondie.

"L'écart de performances entre l'Amérique du Nord, où l'activité s'est inscrite en hausse de 8% au 1er trimestre, et les autres régions, où les ventes ont reculé de 12% à 24%, doit être mieux compris, car il n'est pas clair si les Etats-Unis constituent un modèle à suivre pour les autres régions en termes de pertinence des produits et d'adéquation culturelle", relèvent ainsi les analystes de Deutsche Bank.

En attendant de savoir si le marché américain détient la formule du succès en offrant un modèle de redressement prometteur pour le reste du monde, les analystes d'UBS recommandent une approche attentiste (wait-and-see).

En Bourse, Kering lâchait 8,8% à 255,3 euros et affiche une baisse d'un peu moins de 16% depuis le début de l'année, contre -26% pour LVMH, plus de 23% pour Hermès et 1,7% pour l'indice CAC 40. Ses gains sur les 12 mois écoulés atteignent cependant 56%, contre 13% pour le CAC.

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source : AOF

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