Parrot, cure de jouvence dans les drones souverains

| Zone Bourse | 842 | Aucun vote sur cette news
Parrot, cure de jouvence dans les drones souverains
Credits  ShutterStock.com

(Zonebourse.com) - Les investisseurs se passionnent à nouveau pour Parrot, qui profite de l'engouement pour la "guerre asymétrique" et l'utilisation de drones en combat. Hier, l'annonce de premières commandes de l'OTAN pour le mini-drone de l'entreprise a fait s'envoler le tire de 31%. L'occasion de revenir sur cette entreprise qui a failli disparaître avant de se réinventer.

Commençons par un peu d'histoire. Parrot a été fondée en 1994 par Henri Seydoux. A l'époque, elle vend des kits mains libres Bluetooth pour l'automobile, avant de se diversifier dans l'électronique grand public (divertissement automobile, casques...). Durant la première décennie 2000, la société est une pionnière des drones grand public. A son apogée en 2015, Parrot réalise 326 MEUR de chiffre d'affaires, dont 182 MEUR dans les drones (vs 79,80 MEUR de chiffre d'affaires total en 2025). Mais l'entreprise est rattrapée brutalement par la concurrence chinoise, notamment DJI. Face à cette pression, Parrot opère un virage stratégique majeur en 2019 en abandonnant le marché grand public pour se recentrer sur les drones professionnels et militaires, avec une forte composante logicielle. Ce repositionnement, dicté par la géopolitique autant que par l'économie, fait aujourd'hui de Parrot un acteur européen de niche mais important dans l'écosystème des drones souverains.

Quels sont les marchés de Parrot ?

L'entreprise est spécialisée dans les micro-drones professionnels d'observation et de surveillance, avec les logiciels associés. L'offre s'adresse aux secteurs de la défense, de la sécurité, de l'inspection, de l'agriculture et de la cartographie. La société conçoit les équipements et propose une suite logicielle (Pix4D) permettant d'exploiter les images captées.

Le modèle économique repose sur deux piliers complémentaires. D'un côté, la vente de drones représente environ 60% du chiffre d'affaires, avec des produits vendus entre 4 000 et 20 000 euros selon leur sophistication, auxquels s'ajoutent des accessoires, services et modules. De l'autre, les logiciels (environ 40% des revenus), sur un modèle SaaS générant des revenus récurrents. Ce mix permet d'associer des ventes ponctuelles à forte valeur avec une base de revenus réguliers à forte marge.

D'où viennent les drones ?

Parrot n'a pas d'usine (fabless) et externalise la production. La principale caractéristique de sa chaîne d'approvisionnement est qu'elle exclut les fournisseurs chinois. Le matériel provient en majorité des Etats-Unis, mais aussi d'Europe et, dans une moindre mesure, du Japon, de Taïwan et de Corée du Sud. Ses fournisseurs les plus connus sont Qualcomm, Teledyne et STMicroelectronics. L'assemblage est réalisé dans des zones conformes aux exigences occidentales, en particulier aux Etats-Unis et en Corée du Sud. Ce sourcing contraignant est le prérequis pour l'éligibilité aux programmes de défense occidentaux.

Qui les achète ?

La clientèle, quant à elle, est majoritairement composée d'acteurs publics et institutionnels. Le groupe vend ses drones à des forces armées, des gouvernements et des industriels (BTP, agriculture, énergie). Selon Cantor Fitzgerald, qui a démarré le suivi du dossier fin février, les Etats-Unis représentaient environ 30% des revenus en 2024, devant l'Europe de l'Est (14%) et la France (14%). Les certifications du groupe lui permettant d'accéder et de remporter des appels d'offres auprès d'acteurs très réglementés, comme l'armée et le FBI aux Etats-Unis, les forces spéciales canadiennes ou les agences d'achat militaires en France, en Australie ou au Royaume-Uni. L'entreprise est par ailleurs agréée par l'OTAN, comme le montre le dernier contrat en date, celui qui a fait flamber le titre.

Un dossier parfait ?

Dans le contexte actuel où les drones démontrent chaque jour leur importance dans un conflit moderne, le positionnement de Parrot peut paraître idéal. C'est le cas, mais cela ne signifie pas que l'entreprise engrange des bénéfices. C'est même le contraire. Le dernier exercice positif de la société remonte à 2014. Depuis, elle a englouti 358 MEUR de trésorerie d'exploitation. Les choses s'améliorent au fur et à mesure, mais l'exercice 2024 s'est encore soldé sur une perte opérationnelle courante de 8 MEUR, face à un chiffre d'affaires de 78,1 MEUR. Cantor Fitzgerald, le seul analyste indépendant qui suit le dossier depuis peu, s'attend à ce que la perte opérationnelle soit réduite à 2 MEUR au terme de l'exercice 2027. Il faudrait donc encore patienter trois ans au moins pour que Parrot revienne à l'équilibre.

Dans ce contexte, la flambée des cours repose essentiellement sur la narration : la présence sur un secteur stratégique, à enjeu de souveraineté fort, avec un réel savoir-faire technique. Et des lendemains qui sourient à nouveau financièrement.

Copyright (c) 2026 Zonebourse.com - All rights reserved.

source : AOF

 ■

2026 Zonebourse.com - Tous droits de reproduction réservés par Surperformance. Surperformance collecte ses données auprès des sources qu'elle considère les plus sûres. Toutefois, le lecteur reste seul responsable de leur interprétation et de l'utilisation des informations mises à sa disposition. Ainsi le lecteur devra tenir Surperformance et ses contributeurs indemnes de toute réclamation résultant de cette utilisation.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
SUR LE MÊME SUJET
Publié le 21/07/2026

(Zonebourse.com) - MSCI essuie la deuxième plus forte baisse de l'indice S&P 500 ce mardi à la Bourse de New York après avoir fait état de résultats trimestriels inférieurs aux attentes, une…

Publié le 21/07/2026

(Zonebourse.com) - Pour la deuxième fois de l'année, General Motors a révisé à la hausse ses prévisions d'Ebit ajusté, grâce à des trimestriels encourageants. A New York, le titre s'adjuge…

Publié le 21/07/2026

(Zonebourse.com) - L'action Salesforce accuse la plus forte baisse de l'indice Dow Jones mardi matin à la Bourse de New York, Morgan Stanley ayant abaissé sa recommandation sur le titre de…

Publié le 21/07/2026

(Zonebourse.com) - Après quatre replis consécutifs, pour une perte cumulée de 9,32%, le titre Prysmian se distingue à la Bourse de Milan ( 3,84%, à 129,80 euros) et signe même la plus forte…

Publié le 21/07/2026

(Zonebourse.com) - Le spécialiste des technologies d'aide avancée à la conduite (ADAS) et de conduite autonome a annoncé que sa technologie Cloud-Enhanced Advanced Driver Assist sera intégrée à…

À LIRE AUSSI SUR MES ACTIONS
Publié le 22/07/2026

La Bourse de New York a terminé la séance de mardi dans le vert, portée par l’engouement pour les grandes valeurs des semi-conducteurs et par des résultats d’entreprises supérieurs aux…

Publié le 22/07/2026

L’indice parisien a évolué sans tendance marquée, en attendant les résultats des géants américains de la technologie, tandis que le Brent est repassé au-dessus des 90$ le baril en raison des…

Publié le 22/07/2026

Publication du chiffre d’affaires S1 2026 StreamWIDE a publié hier soir son chiffre d’affaires pour le compte du premier semestre 2026. Ce dernier est ressorti en croissance de…

Publié le 22/07/2026

(Zonebourse.com) - Le laboratoire français a indiqué avoir finalisé le rachat de Memo Therapeutics, une société de biotechnologie en phase avancée de développement.Avec cette opération, le…

Publié le 22/07/2026

(Zonebourse.com) - Vallourec annonce avoir remporté un contrat auprès d'Allseas pour la fourniture de line pipes sans soudure en acier carbone, équipés d'un revêtement d'isolation thermique et…