Cybersécurité: Trump finit par adopter une régulation de l'IA

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Le président américain Donald Trump signe un décret dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 30 avril 2026 à Washington
Le président américain Donald Trump signe un décret dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 30 avril 2026 à Washington ( Brendan SMIALOWSKI / AFP/Archives )

Donald Trump a signé mardi, sans pompe ni fanfare, un décret très attendu sur la régulation de l'intelligence artificielle, qui permet un contrôle facultatif par le gouvernement des modèles les plus avancés, au nom de la cybersécurité.

Le texte, qui réinstitue un encadrement relatif de l'IA aux Etats-Unis, constitue un virage prudent pour l'administration Trump, jusqu'ici dominée par les opposants à toute régulation qui y voit un frein à la compétition avec la Chine.

La donne a toutefois changé au printemps, face à l'évidence que les modèles de pointe étaient désormais capables de repérer et d'exploiter des failles informatiques à une vitesse inédite.

Ces performances ont secoué les institutions, inquiètes des risques d'attaques contre des infrastructures critiques (réseaux électriques, banques, administrations) si ces modèles étaient rendus publics avant le colmatage des brèches.

Le nouveau décret prévoit un cadre de régulation concerté avec les fleurons américains de l'IA, tels que Google, OpenAI ou Anthropic, qui pourront, "sur la base du volontariat", soumettre leurs modèles de pointe à un examen gouvernemental avant leur sortie.

Le texte précise: rien dans le décret "ne doit servir à instaurer" un contrôle préalable "obligatoire".

L'approche volontaire retenue par M. Trump rejoint celle de son prédécesseur Joe Biden, dont un décret de 2023 reposait sur l'engagement des entreprises à partager leurs tests de sécurité. M. Trump l'avait abrogé dès son retour à la Maison Blanche, le jugeant trop contraignant.

Le décret crée aussi une "plateforme de coordination" pilotée par le Trésor, en lien avec l'agence de sécurité nationale NSA et l'agence de cybersécurité CISA, chargée de coordonner la détection et la correction des failles, là aussi sur une base volontaire.

Pour Sam Altman, le patron d'OpenAI, le texte "a trouvé un bon équilibre" pour que les Etats-Unis continuent de mener la course tout "en mettant des outils de cybersécurité entre les mains des défenseurs de confiance".

Anthropic, en conflit ouvert avec l'administration Trump, a salué sur X "un pas important pour renforcer le leadership des Etats-Unis dans l'IA". Et Google, par la voix de son responsable des affaires publiques Kent Walker, s'est félicité d'un texte offrant "davantage de solutions pour arrêter les acteurs malveillants".

Avance face à la Chine

Une version antérieure aurait dû être signée le 25 mai, à la Maison Blanche, en présence de dirigeants de la tech. Mais Donald Trump avait annulé quelques heures avant, à la surprise générale.

"J'ai repoussé parce que je n'aimais pas certains aspects", s'était-il justifié, expliquant ne pas vouloir "compromettre" l'avance américaine face à la Chine.

Les commentateurs avaient pointé la responsabilité de David Sacks, ancien conseiller de la Maison Blanche sur l'IA, toujours très influent.

L'épisode avait mis en lumière les tensions dans l'administration entre les partisans d'un encadrement, autour du secrétaire au Trésor, Scott Bessent, et l'aile hostile à toute régulation.

Deux semaines plus tard, le texte promulgué est quasi inchangé. La période d'examen volontaire des modèles a toutefois été divisée par trois et sera limitée à 30 jours calendaires au lieu de 90.

Cette réduction "est un tournant car elle permet aux laboratoires d'IA d'être en conformité sans retarder la sortie des modèles", s'est félicité David Sacks dans un long message sur X destiné à rassurer son camp anti-régulation.

Le sujet divise nettement parmi les soutiens du président. Une partie de la mouvance "Maga" (Make America Great Again), dont l'un de ses idéologues Steve Bannon, se méfie des dirigeants des "Big Tech", jugés motivés par le gain et le pouvoir et non par le bien du peuple américain.

Ces soutiens de la régulation ont pu s'appuyer sur l'existence de Mythos, modèle de la start-up Anthropic dévoilé début avril. Le jugeant trop dangereux pour être public, l'entreprise avait annoncé n'en donner l'accès qu'à un cercle d'entreprises et d'institutions américaines, pour qu'elles s'en servent afin de renforcer leur cybersécurité.

Deux mois plus tard, Anthropic a annoncé mardi qu'il allait élargir l'accès à quelque 150 organisations de plus de 15 pays. La start-up prévoit de rendre public des modèles de puissance équivalente à Mythos "dans les prochaines semaines".

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