Loi sur le 1er-Mai: le gouvernement temporise avant une réunion avec les syndicats
Face à la pression des syndicats, le gouvernement a exclu lundi la convocation dès mardi d'une commission mixte paritaire (CMP) qui pourrait adopter le texte sur l'élargissement du travail le 1er-Mai, avant une réunion dans la soirée autour du ministre du Travail sur ce thème.
Depuis vendredi et le rejet tactique de la proposition de loi portant sur le travail le 1er-Mai, seul jour férié et chômé en France, voté largement dans l'hémicycle des élus macronistes jusqu'au Rassemblement national, les rebondissements se succèdent.
Grâce à une motion de rejet votée stratégiquement vendredi par ses défenseurs à l'Assemblée nationale, le texte devrait être adopté sans que les députés ne l'aient examiné en première lecture, après une commission mixte paritaire (CMP).
Dans un courrier transmis dimanche, l'intersyndicale a demandé au Premier ministre Sébastien Lecornu "de ne pas convoquer cette commission mixte paritaire de façon à respecter la démocratie sociale et la démocratie politique".
Quelques heures plus tard, Matignon assurait exclure tout "passage en force".
Avant de poursuivre lundi: "Le Premier ministre n'a pas l'intention de convoquer la commission mixte paritaire à ce stade", a fait savoir une source gouvernementale, dans l'attente du "résultat" d'une rencontre entre le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou et les leaders des syndicats représentatifs (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC et CFTC) prévue à 18H00.
Dans ce contexte, cela rend "improbable" la "convocation pour demain (mardi) dans la précipitation" de ce conclave de 14 parlementaires, a encore ajouté la source gouvernementale.
"La CFDT se félicite de cette décision. Il s'agit d'une première victoire pour les organisations syndicales", a salué auprès de l'AFP sa secrétaire générale, Marylise Léon, qui se fera représenter lundi soir.
"C'est un signe positif", a également salué auprès de l'AFP Cyril Chabanier (CFTC), persuadé que le gouvernement "est prêt à ajuster ce texte".
"Je suis évidemment contre ce projet de loi", ajoute le syndicaliste, mais compte tenu de la "majorité à l'Assemblée nationale favorable à l'élargissement du travail le 1er-Mai, je suis assez pessimiste sur le fait qu'ils ne touchent pas au 1er-Mai".
"Des actes forts"
Aussi, l'objectif lundi soir "c'est de détricoter au maximum cette proposition de loi et de diminuer la liste des établissements autorisés à ouvrir", souligne M. Chabanier.
"Ce soir, il faut des actes très forts et très clairs", a prévenu plus tôt Sophie Binet sur RTL, précisant qu'elle assisterait à cette réunion.
Selon le projet de décret d'application, communiqué par le gouvernement aux syndicats, ce ne sont pas seulement les salariés des boulangeries et des fleuristes qui seraient concernés par des dérogations.
Ainsi pourraient notamment ouvrir des "grandes enseignes industrielles" de boulangerie et pâtisserie, "grandes surfaces spécialisées", "jardineries", "chaines de glaciers et de chocolatiers, la boucherie, la charcuterie et la triperie, la fromagerie-crémerie, la poissonnerie" et de nombreux lieux culturels (salles de spectacles, d'expositions, musée, cinémas), listent les syndicats.
Pour FO, représentée par Patricia Drevon lundi soir, "ce n'est certainement pas la loi qui doit remettre en cause le 1er-Mai avec un décret qui pourrait être modifié par n'importe quel gouvernement".
Il faut laisser "les branches, avec les organisations syndicales représentatives et les organisations patronales, trouver des accords et des compensations qui vont avec pour le 1er-Mai", plaide la cadre de FO.
Selon la loi, seul le 1er mai est un jour férié obligatoirement chômé et payé. Toutefois, le code du Travail admet aujourd'hui qu'un artisan boulanger ou un fleuriste puisse ouvrir ce jour-là, mais il doit travailler seul ou presque.
Il peut en effet compter sur lui-même ou des membres de sa famille non-salariés, mais pas sur ses employés. Au risque d'une amende de 750 euros par salarié concerné (1.500 euros s'il est mineur).
Le débat avait été relancé l'an dernier après que des boulangers se sont émus de contrôles inopinés.
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