Nouvelle décision de la Cour d'appel sur le rôle de Bolloré dans la scission de Vivendi

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Le milliardaire conservateur Vincent Bolloré à l'Assemblée nationale à Paris, le 24 mars 2026
Le milliardaire conservateur Vincent Bolloré à l'Assemblée nationale à Paris, le 24 mars 2026 ( Thomas SAMSON / AFP/Archives )

Nouvelle étape dans le feuilleton judiciaire sur la scission de Vivendi: la Cour d'appel de Paris doit dire mercredi si Vincent Bolloré contrôlait de fait le conglomérat au moment de son éclatement fin 2024 et aurait dû racheter les parts des actionnaires minoritaires, un dossier à plusieurs milliards d'euros.

C'est la deuxième fois que la Cour se prononce sur ce dossier boursier, sa première décision d'avril 2025, en défaveur du milliardaire conservateur, ayant été annulée fin novembre par la Cour de cassation.

Si elle tranchait une nouvelle fois dans le sens d'un contrôle de fait exercé par l'homme d'affaires breton, "il est très vraisemblable que l'Autorité des marchés financiers (AMF) ordonne le dépôt d'une offre publique (de rachat) de Bolloré sur Vivendi, avec le périmètre qui est le sien aujourd'hui", souligne à l'AFP Me Julien Visconti, le conseil du fonds d'actionnaires CIAM qui avait contesté les modalités de ce big bang boursier.

Fin 2024,
Fin 2024, "une telle offre aurait exposé le groupe au versement de plusieurs milliards d'euros à ses actionnaires minoritaires", indique une note sur l'affaire sur le site du ministère de l'Economie ( ERIC PIERMONT / AFP )

Fin 2024, "une telle offre aurait exposé le groupe au versement de plusieurs milliards d'euros à ses actionnaires minoritaires", indique une note sur l'affaire sur le site du ministère de l'Economie.

La scission avait permis au groupe Bolloré de découper Vivendi en quatre entités cotées sur plusieurs marchés, avec l'objectif déclaré de leur donner plus de perspectives de développement: Canal+ (médias) à Londres et Johannesburg, Havas (communication) à Amsterdam, Louis Hachette Group (édition, presse magazine) à Paris sur le marché Euronext Growth, tandis que Vivendi, délestée de nombreux actifs, est aussi restée à Paris.

"Contrôle rampant"

Mais le CIAM, un fonds activiste, actionnaire ultra minoritaire de Vivendi (0,025% du capital), accuse Bolloré d'avoir cherché à échapper à son obligation de lancer une offre publique pour racheter les actions qu'il ne détenait pas, en se tenant sous le seuil requis des 30% du capital, tout en exerçant un contrôle de fait sur Vivendi.

C'est, selon l'avocat, une habitude chez l'homme d'affaires breton, connu pour ses raids boursiers depuis les années 1980. C'est "le roi incontesté de la prise de contrôle rampant", a-t-il lancé lors de l'audience à la cour d'appel le 22 mai dernier.

L'avocate générale, Carla Deveille-Fontinha, avait également estimé que ce contrôle était "caractérisé", alors que le conseil du groupe Bolloré, Me Dominique Bompoint, avait soutenu qu'il ne disposait "jamais (de) la moitié" des voix aux assemblées générales.

"Concrètement, Bolloré n'a jamais rencontré lors de ces assemblées générales (de Vivendi) aucune opposition" et "les décisions qui n'ont pas le soutien de Vincent Bolloré ne sont pas adoptées, cela démontre bien (son) impact", avait souligné la représentante du parquet général.

Quelle que soit la décision de la cour d'appel, le groupe Bolloré ou le fonds d'actionnaires pourront de nouveau la contester devant la Cour de cassation
Quelle que soit la décision de la cour d'appel, le groupe Bolloré ou le fonds d'actionnaires pourront de nouveau la contester devant la Cour de cassation ( ISSOUF SANOGO / AFP )

Quelle que soit la décision de la cour d'appel, le groupe Bolloré ou le fonds d'actionnaires pourront de nouveau la contester devant la Cour de cassation.

Depuis la scission, le groupe Canal+ a accéléré son développement international en rachetant le géant sud-africain de la télévision et du streaming Multichoice. Le groupe a aussi acquis à l'automne 2025 34% du capital d'UGC, le réseau de salles de cinéma qu'il espère contrôler dans sa totalité à partir de 2028.

L'influence de Vincent Bolloré, qui se revendique "démocrate-chrétien" mais est accusé par la gauche de promouvoir des idées d'extrême droite au sein des médias (CNews, Europe 1, JDD) et des maisons d'édition (Fayard) dans son giron, est scrutée de près à l'orée de la campagne présidentielle de 2027.

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