Pas de revalorisation des allocations chômage au 1er juillet, une première en dix ans

| AFP | 139 | Aucun vote sur cette news
Les allocations d'assurance chômage ne seront pas revalorisées au 1er juillet, une première en dix ans, a indiqué l'Unédic
Les allocations d'assurance chômage ne seront pas revalorisées au 1er juillet, une première en dix ans, a indiqué l'Unédic ( Emma DA SILVA / AFP/Archives )

Les allocations d'assurance chômage ne seront pas revalorisées au 1er juillet, une première en dix ans, a indiqué mardi l'Unédic, à l'issue d'une réunion de son conseil d'administration, alors que les syndicats demandaient une revalorisation à hauteur de l'inflation.

Mais les organisations patronales ont estimé que l'état des finances publiques ne permettait pas cette revalorisation.

Le nombre de voix pour cette revalorisation a été identique à celui des voix contre, a précisé l'organisme paritaire qui pilote le régime de l'assurance chômage.

Cette décision de ne pas revaloriser faute de majorité "n’est pas inédite: en 2016 les allocations chômage n'avaient pas été revalorisées", a ajouté l'Unédic dans un communiqué.

L'allocation minimale va donc rester au niveau de 32,13 euros par jour.

La dernière revalorisation des allocations chômage remonte au 1er juillet 2025, de 0,5%.

Présent à la réunion pour la CGT, Denis Gravouil a dénoncé auprès de l'AFP "une outrance patronale".

"L'ensemble des cinq organisations syndicales s'est mis d'accord pour faire une proposition commune à 2,41%, correspondant à l'augmentation du Smic et à l'inflation constatée sur les 12 derniers mois, et le patronat a voté contre. Donc les règles de l'Unédic font que 25 pour 25 contre, il n'y a pas de décision", a-t-il détaillé.

La CGT estime par conséquent, dans un communiqué, "qu'une réflexion doit être engagée afin que l'absence d'accord ne conduise plus automatiquement au gel des allocations".

De son côté, la CFDT a dénoncé "ce choix dogmatique au regard de la situation économique actuelle et des perspectives des mois à venir, qui pèsent lourdement sur le quotidien des près de deux millions de demandeurs d’emploi et de leur famille".

"Cette décision est inacceptable: la précarité n’est pas une fatalité, le chômage n’est jamais un choix", a insisté la première organisation syndicale.

Dans un communiqué transmis à l'AFP, le Medef, première organisation patronale, relève pour sa part que "le contexte macroéconomique du pays est marqué par une remontée de l’inflation et une dégradation des finances publiques", tandis que "le régime d’assurance chômage reste fortement endetté".

"Il est sur une trajectoire de 62 milliards d’euros fin 2026 qui risque de s’accentuer avec la dégradation du marché de l’emploi", assure l'organisation.

Le Medef juge donc "prioritaire de rétablir les finances publiques, et donc de diminuer la dette de l’Unédic, et d’assurer un pilotage responsable du régime afin d’assurer sa pérennité".

C'est pourquoi il a proposé mardi "de ne pas revaloriser les allocations chômage au 1er juillet, position sur laquelle se sont accordées l’ensemble de organisations patronales", selon lui.

"Cet effort de rigueur, conclut-il, suppose que l’Etat respecte ses engagements et abandonne tout nouveau prélèvement dans les caisses de l’Unédic".

En France, les salariés sont assurés contre le risque de se retrouver au chômage, mais tous les demandeurs d'emploi sont loin de bénéficier d'allocations, notamment quand ils n'ont pas travaillé une durée suffisante ou s'ils ont une activité à temps partiel.

Au quatrième trimestre 2025, 2,7 millions de personnes étaient indemnisées par l'Assurance chômage, selon les chiffres de l'Unédic, dont plus de la moitié touchant moins de 1.000 euros net mensuels. L'allocation moyenne mensuelle versée était de 1.040 euros.

 ■

Copyright © 2026 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
SUR LE MÊME SUJET
Publié le 29/06/2026

Le géant du tabac British American Tobacco (BAT) a annoncé lundi la suppression de 5.500 postes dans le monde ( Isabel Infantes / AFP/Archives )Le géant du tabac British American Tobacco (BAT)…

À LIRE AUSSI SUR MES ACTIONS
Publié le 01/07/2026

Le second semestre démarre sur les chapeaux de roue, mais pas là où on l'attendait. Alors que le CAC 40 et les indices européens subissent une lourde accélération baissière et butent sur un…

Publié le 01/07/2026

Sur le plan statistique : 15h30 : Discussion au forum de la BCE à Sintra entre Christine Lagarde (BCE), Kevin Warsh (Fed), Andrew Bailey (Banque d'Angleterre) et Tiff Macklem (Banque du…

Publié le 01/07/2026

Le groupe chinois Baidu, longtemps perçu comme le « Google chinois », poursuit sa mue vers un modèle centré sur l'intelligence artificielle. Les résultats du 1er trimestre 2026, publiés le 18…

Publié le 01/07/2026

(Zonebourse.com) - Intrasense a annoncé avoir reçu une offre ferme et irrévocable de l'éditeur européen EDL en vue de la cession de son activité de visualisation avancée Myrian.L'opération…

Publié le 01/07/2026

(Zonebourse.com) - Les marchés américains ont terminé proches de l'équilibre mercredi, partagés entre des prises de bénéfices sur les semi-conducteurs et un regain d'intérêt pour les…