Municipales à Paris: Grégoire en tête, Dati largement distancée
Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI à la mairie de Paris, arrive en tête du premier tour dimanche, largement devant sa rivale de droite Rachida Dati, selon plusieurs estimations qui prévoient une quadrangulaire voire une quinquangulaire au second tour.
Emmanuel Grégoire, à la tête d'une alliance PS-Les Ecologistes-PCF, est crédité de 35% à 38% des voix, devançant nettement Rachida Dati, candidate LR et MoDem, donnée à au moins dix points derrière à environ 25%, selon quatre instituts de sondage.
Un score bien plus bas pour l'ex-ministre de la Culture et maire du VIIe arrondissement que ce que prédisaient les sondages durant la campagne. Et un premier résultat encourageant pour la gauche, qui pouvait craindre l'expression dans les urnes d'une envie d'alternance plus forte après 25 ans de règne socialiste.
"Les Parisiennes et les Parisiens nous ont placés largement en tête de ce premier tour", s'est félicité, sobrement, le député socialiste devant les journalistes.
Depuis son QG parisien, Rachida Dati a déploré "la division" qui "affaiblit le camp de l'alternance et du changement". "La victoire est possible, elle a une exigence, c'est le rassemblement et la mobilisation", a ajouté la candidate alors que Pierre-Yves Bournazel (Horizons-Renaissance), crédité d'environ 11% des voix, est en capacité de se maintenir au second tour. La qualification au second tour de Sarah Knafo (Reconquête!) est encore incertaine, les sondages la plaçant soit au-dessus soit en dessous de la barre qualificative des 10%.
Devant ses militants, l'eurodéputée d'extrême droite a rappelé qu'elle voulait "la victoire contre la gauche", mais dit attendre les résultats stabilisés pour évoquer formellement une fusion avec Mme Dati.
Les éventuelles fusions de listes devront être opérées avant mardi à 18h.
"Rien n'est joué", a estimé pour sa part Pierre-Yves Bournazel sur X, au moment où il réunissait les têtes de liste d'arrondissements pour évoquer l'entre-deux-tours, avec le credo "aucune alliance avec les extrêmes", dixit son équipe de campagne.
Vers un maintien de Chikirou
A gauche, l'Insoumise Sophia Chikirou, donnée autour de 12-13%, est également qualifiée pour le second tour. La députée LFI a annoncé, sans surprise, qu'elle se maintiendrait au second tour si M. Grégoire refusait une fusion, selon la stratégie nationale de la formation de Jean-Luc Mélenchon. Or le député PS a toujours écarté une alliance avec LFI, "quelles que soient les circonstances" comme il l'a rappelé il y a quelques jours.
"Vous avez voté pour la gauche qui veut gagner mais rien n'est fait", a averti l'ex-premier adjoint de la maire sortante Anne Hidalgo. "Dimanche prochain, la droite et l'extrême droite peuvent l'emporter à Paris", a poursuivi M. Grégoire en appelant "tous les électeurs du camp républicain, du camp du progrès, quel qu'ait été leur choix ce dimanche, à soutenir la liste que nous portons".
Dans un communiqué, Anne Hidalgo a appelé "à la mobilisation des Parisiens autour des forces de gauche" autour de son ancien dauphin, avec lequel elle est en froid.
"Face au danger du populisme, de la corruption, du retour en arrière, des politiques de casse écologique et sociale, du démantèlement des services publics, pas une voix ne doit manquer à Emmanuel Grégoire et à la liste de l'union de la gauche et des écologistes qu'il conduit", estime l'édile socialiste, qui avait battu Rachida Dati en 2020.
Consolation dans une soirée difficile: comme en 2020, Mme Dati a été réélue dès le premier tour dans le VIIe arrondissement, qu'elle dirige depuis 2008, avec 58,77% des voix.
La campagne électorale parisienne a été émaillée de multiples accusations, cristallisées en partie sur les affaires de violences sexuelles dans le périscolaire. Mme Dati a affirmé plusieurs fois cette semaine que l'ex-premier adjoint à l'Hôtel de ville, qu'elle juge responsable de ce "scandale", serait "convoqué par la justice après les municipales", ce que M. Grégoire a démenti.
Celle qui est restée ministre de la Culture presque jusqu'au bout a en outre refusé un débat télévisé avant le premier tour, pour ne pas s'exposer à un "pugilat". L'ancienne garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy sera notamment jugée du 16 au 28 septembre pour corruption et trafic d'influence, ce que son rival de gauche n'a pas manqué de rappeler une nouvelle fois dimanche soir.
Elle conteste farouchement ces faits, qui l'exposent à des peines allant jusqu'à dix ans d'emprisonnement et cinq ans d'inéligibilité.
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