Présidentielle: Au PS, Olivier Faure maintient le mystère sur sa candidature
Critiqué par ses opposants, pressé par ses supporters, le patron du Parti socialiste Olivier Faure entretient le mystère sur son éventuelle candidature à la présidentielle et plaide toujours, malgré les divisions, pour une primaire où il pourrait affronter son ancien partenaire Raphaël Glucksmann.
"C'est l'éléphanteau au milieu de la pièce", glisse un cadre du parti de M. Glucksmann, Place publique, à propos des intentions d'Olivier Faure. Il relate une réunion de négociations entre son parti et le PS, au cours de laquelle les opposants internes au premier secrétaire l'ont interrogé pour savoir s'il serait candidat: "Il n'a pas répondu".
L'entourage du responsable socialiste rétorque qu'il "n'a pas vocation à répondre. Sa première responsabilité, avant de se définir, c'est d'arriver à un processus qui permette à cette gauche de se rassembler et de se hisser au second tour".
Depuis plusieurs mois, le patron du PS martèle qu'il n'y a "pas de candidat naturel à gauche".
Alors il tente de faire converger les partisans -dont il fait partie- d'une primaire pour trouver un candidat commun de la gauche non-mélénchoniste, et ceux qui refusent ce mode de désignation, comme le leader de Place publique. Ce dernier veut s'imposer par les sondages, qui le placent actuellement en tête de la gauche.
Olivier Faure avait percé au moment de l'examen du budget où il avait accepté de négocier avec le gouvernement. Depuis, il n'a pas capitalisé sur cette notoriété, toujours autour de 4% dans les intentions de vote.
Surtout, il n'est plus majoritaire dans les instances du parti depuis que le chef des députés Boris Vallaud a quitté la direction, lui reprochant pèle-mêle d'avoir accepté aux municipales des accords locaux avec LFI qui ont brouillé la ligne et de s'arcbouter sur une primaire qui divise le parti.
"Cela fait des mois que je cherche à trouver une solution qui conviennent à tout le monde, pas un autre n'essaye de rassembler la gauche", se défend Olivier Faure.
"Absent"
Au risque d'être moqué, il a ainsi proposé une primaire en deux temps, qui passerait d'abord par une désignation d'un candidat de l'arc social-démocrate (PS et Place publique). Le vainqueur participerait ensuite à une primaire élargie, avec les Ecologistes et les députés ex-insoumis François Ruffin et Clémentine Autain. Sans convaincre à ce stade. Et jusqu'à provoquer l'énervement de ses alliés Ecologistes.
A force d'être "uniquement dans des discussions d'appareils", Olivier Faure est "absent" de la scène politique, déplore un cadre des Verts. "Il n'était pas au congrès des Jeunes agriculteurs, il ne sera pas au colloque de Terra Nova sur la politique énergétique, ni aux rencontres économiques d'Aix, des endroits importants dans une campagne électorale", regrette le même.
Le premier secrétaire a plutôt choisi la scène internationale. Il s'est rendu à Taïwan où il a rencontré le président Lai, et à Berlin au sommet mondial des Ouïghours -marchant sur les plates-bandes de Raphaël Glucksmann, qui avait fait de la défense de cette minorité opprimée en Chine, un de ses combats.
Ses proches aimeraient le voir se déclarer. "A l'évidence, il souhaite être candidat", assure Luc Broussy, le président du conseil national du PS.
"Il a envie que l'axe politique qu'on porte depuis des années soit présent, c'est-à-dire être central à gauche", face à un Raphaël Glucksmann que certains considèrent comme plus tourné vers le centre.
Mais étant "celui qui essaie de trouver une solution et parle à tout le monde, il a totalement intériorisé le fait qu'il ne peut pas être candidat pour l'instant", ajoute-t-il.
Le premier secrétaire, considéré comme flegmatique et taiseux, "vapote, on ne l'entend pas" mais il avance "avec méthode", affirme un autre proche.
Et d'assurer que "la pire crainte de Raphaël Glucksmann, c'est que Faure soit candidat".
Même si ses détracteurs fustigent un apparatchick qui "décide seul", les militants eux n'ont "aucune animosité" envers lui, "mais pas d'emballement généralisé" non plus, admet ce proche.
De quoi interroger un responsable d'un parti de gauche: "Il aurait dû se déclarer juste après les municipales, il aurait écrasé le match. Aujourd'hui, je ne sais pas".
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