Robert Ménard jugé à Montpellier pour avoir refusé de marier un Algérien sous OQTF
Il avait refusé de marier un homme algérien sous obligation de quitter le territoire à une Française vivant à Béziers: le procès du maire d'extrême droite de Béziers Robert Ménard s'est ouvert mercredi à Montpellier.
L'élu médiatique risque gros, puisqu'il encourt jusqu'à cinq ans de prison, une amende de 75.000 euros ainsi qu'une peine d'inéligibilité.
Il est arrivé au tribunal peu après 13H00 sous une pluie battante en compagnie de l'ancien ministre de l'Intérieur et candidat LR à la présidentielle Bruno Retailleau, qu'il a fait citer comme témoin, et entouré d'une cinquantaine d'élus portant leurs écharpes tricolores.
Leur arrivée a déclenché quelques bousculades avec des manifestants hostiles au maire de Béziers, dont les partisans ont, eux, entonné une Marseillaise alors que les autres scandaient "Ménard délinquant, Retailleau collabo" ou "tout le monde déteste les fachos".
Les forces de l'ordre ont empêché les opposants d'accéder au palais de justice.
M. Ménard est poursuivi pour avoir refusé le 7 juillet 2023 de célébrer le mariage d'Eva M., citoyenne française, et Mustapha B., Algérien en situation irrégulière, expliquant qu'il soupçonnait un "mariage blanc". Quelques jours plus tard, Mustapha B. avait été expulsé en Algérie, où le couple s'est finalement marié cet été, même s'ils vivent séparés, l'épouse résidant en France avec ses enfants.
L'affaire avait suscité une polémique au plus haut niveau, puisque même Emmanuel Macron avait qualifié, en 2025, la situation des maires devant marier des personnes en situation irrégulière d'"ubuesque".
M. Ménard avait d'ailleurs espéré que le président de la République puisse lui aussi témoigner au procès, ce qui ne sera pas le cas.
Le maire de Béziers avait également fait citer le président de l'Association des maires de France David Lisnard, mais les intempéries ont empêché sa venue selon M. Ménard, l'Hérault étant classé jeudi en vigilance rouge pluie inondations.
Convoqué au tribunal de Montpellier une première fois en février 2025, Robert Ménard avait refusé le "plaider coupable" qui lui était proposé, entraînant le renvoi de l'affaire en correctionnelle.
Une proposition de loi visant à interdire les mariages pour les personnes en situation irrégulière en France est actuellement dans les mains de la Commission des lois de l'Assemblée.
Avant le procès, l'avocate du couple, Me Vanessa Edberg, avait confié à l'AFP être "très inquiète" du climat tendu entourant cette affaire, faisant état de "menaces".
Si l'Association des maires de France est favorable au texte, les maires de l'Association nationale des villes et territoires accueillants (Anvita) l'ont eux jugé "discriminant".
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