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Une équipe franco-japonaise présente à Macron une "première mondiale" de cryptage par ADN

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Nicolas Clément, directeur du laboratoire LIMMS de Tokyo rattaché au CNRS, présente au président Emmanuel Macron une
Nicolas Clément, directeur du laboratoire LIMMS de Tokyo rattaché au CNRS, présente au président Emmanuel Macron une "première mondiale" de déchiffrage d'un message grâce à une technologie ADN le 1er avril 2026 ( Ludovic MARIN / POOL/AFP )

Une équipe de chercheurs franco-japonaise a dévoilé mercredi à Tokyo, à l'occasion de la visite d'Emmanuel Macron, une "première mondiale" de déchiffrage d'un message grâce à une technologie ADN.

En présence du président français, au laboratoire LIMMS rattaché au CNRS, un document a été échangé de manière sécurisée grâce à deux clés identiques générées à Paris et à Tokyo à partir d'ADN synthétique, l'une pour le chiffrage, l'autre pour le déchiffrage.

Alors que le stockage de données s'annonce comme un casse-tête des prochaines décennies, "le disque dur parfait existe déjà, c'est l'ADN", a estimé le directeur de ce laboratoire, Nicolas Clément. "Avec quelques grammes d'ADN, on peut stocker des quantités colossales de données", a-t-il expliqué.

"C'est hyper impressionnant", a commenté Emmanuel Macron, évoquant "un potentiel d'innovation et de développement (...) énorme".

La cryptographie par ADN représente une possible alternative aux approches quantiques pour sécuriser les échanges d'informations sensibles.

Des chercheurs de l'EPSCI Paris - PSL, de l'Université de Limoges et de l'IMT Atlantique, en France, et leurs collègues de l'Université de Tokyo ont utilisé les propriétés de l'ADN pour créer des clés de chiffrement.

Elles permettent de coder des messages, afin de les rendre incompréhensibles à quiconque ne possède pas le double de la clé qui permet de les décoder.

Ordres militaires, missives diplomatiques, données financières... la confidentialité des messages numériques repose sur ces codes, mais cette protection se fragilise face au développement de calculateurs surpuissants, capables de les casser.

Pour être inviolable, une clé de chiffrement doit être aussi longue que le message à protéger, parfaitement aléatoire et à usage unique.

L'équipe franco-japonaise est parvenue à créer de telles clés à partir d'ADN synthétique - qui n'a pas de fonction biologique et ne contient pas d'information génétique.

L'ADN étant extrêmement dense et stable, l'émetteur et le destinataire peuvent partager en amont de toute communication une énorme quantité de ces clés. Puis les conserver pendant des dizaines voire des centaines d'années.

Au moment de la communication, de puissantes machines de séquençage chez l'expéditeur et le destinataire vont lire les molécules d'ADN et les transformer en un code binaire (des bits 0 ou 1) permettant de coder, d'envoyer et de décoder un message allant jusqu'à plusieurs centaines de mégaoctets.

Les scientifiques ont mis au point des techniques pour garantir que toute tentative d'interception soit repérée par l'expéditeur et le destinataire avant l'utilisation.

L'un des principaux avantages de cette technologie est qu'elle permet d'échanger des clés de chiffrement sur de longues distances, contrairement à ce qu'il est actuellement possible de faire avec la cryptographie quantique, qui repose sur les propriétés très fragile des particules.

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