Canicule: la chaleur reflue, la vigilance sanitaire demeure
Une grande partie de la France a vu refluer dimanche un épisode caniculaire historique, avant la fin lundi de la vigilance rouge, mais le risque d'orages persiste et la vigilance sanitaire demeure, dans la crainte d'une forte surmortalité.
Lundi, plus aucun département ne sera en vigilance rouge et 22 resteront en vigilance orange canicule, signant la fin de la vague de chaleur la "plus intense" jamais mesurée dans le pays, selon Météo-France.
En Europe, elle a déjà fait plus de 1.300 morts, selon l'Organisation mondiale de la santé. En France, Santé publique France comptabilise depuis mercredi "environ 1.000 décès supplémentaires" par rapport aux mois précédents, un premier bilan probablement voué à s'alourdir.
"Faillite collective"
Depuis le 18 juin, les interventions des secours ont augmenté de 20% par rapport à la même période de l’année dernière, a indiqué le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.
Lundi, le Premier ministre Sébastien Lecornu présidera en fin d'après-midi une nouvelle cellule interministérielle de crise pour faire le "bilan" et tirer un "retour d'expérience" de l'épisode, selon Matignon.
La pression politique s'est accentuée au cours du week-end sur le gouvernement, accusé d'"incompétence" et d'"inaction". Mais l'exécutif s'est lui défendu de toute impréparation.
Dimanche soir à 22H, les deux départements alsaciens encore en rouge - contre 72 au pic de la canicule jeudi - sont repassés en orange.
Un soulagement pour les millions de Français éprouvés par le tunnel de nuits aux températures supérieures à 20°C, qui a laissé Louise Stockmanns, Strasbourgeoise de 73 ans, "épuisée" après avoir été "enfermée" chez elle à "suffoquer".
Mais pour certains la chaleur torride était encore là dimanche: il a fait 41,1°C à Vidauban (Var), 40,4°C à Le Luc (Var), 38,4°C à Tencin (Isère)... Au niveau national, la température moyenne a été de 26°C, selon les données relevées à 17H00 par Météo-France.
Lundi, 22 départements resteront en vigilance orange canicule.
"Fortes chaleurs" en juillet ?
Et le thermomètre pourrait regrimper bientôt: Météo-France indique que pour la semaine du 6 au 13 juillet, "le scénario de fortes chaleurs sur le pays devient plus probable", même si leur intensité "reste à ce stade incertaine".
Pour l'heure, le reflux des températures s'accompagne d'orages parfois violents.
Dimanche soir Météo-France a fait état d'orages "sévères" sur le piémont pyrénéen, de l'Aude aux Hautes-Pyrénées, avec de fortes pluies et parfois des grêlons de la taille d'une balle de golf (à Quillan dans l'Aude en particulier), ainsi que dans le Puy-de-Dôme.
19 départements sont en vigilance orange pour les orages jusqu'à 6h lundi, contre 23 la veille.
Par précaution, des festivals avaient été annulés à Clermont-Ferrand et à Marmande, comme la célébration de la victoire de l’équipe de rugby de Toulouse.
Dans les Yvelines, la foudre a provoqué une "interruption totale ou partielle de la circulation sur certains tronçons" du Transilien et "les perturbations vont malheureusement durer plusieurs jours", préviennent SNCF Voyageurs, SNCF Réseau et Ile-de-France Mobilités.
L'agriculture aussi a souffert: la ministre a fait état aux Echos d'un "impact énorme" pour les filières animales, évoquant une "mortalité plus importante et une perte de production de lait", ainsi que "des pertes de récoltes, (...) notamment dans les céréales comme le blé, le maïs" a déclaré Annie Gennevard, disant que le bilan sera évalué "à la fin des moissons".
Cet épisode caniculaire, phénomène intensifié par le changement climatique, principalement causé par la combustion des énergies fossiles, "dépasse celui d'août 2003 en termes d'intensité et est équivalent en termes de durée", indique Météo-France.
Ce dernier avait causé quelque 15.000 morts. Mais "on ne sera pas probablement dans la même situation d'un point de vue sanitaire", on n'aura "probablement pas la même surmortalité", a estimé dimanche la ministre de la Santé Stéphanie Rist sur BFMTV.
Malgré tout, les effets sanitaires de cette canicule - déshydratations, décompensations de maladies chroniques, report d'opérations non urgentes - "restent devant nous", avaient prévenu samedi les services du Premier ministre Sébastien Lecornu.
Dans les funérariums, on constate "une saturation des chambres funéraires, avec une grande disparité selon les régions", expliquait samedi Gautier Caton, porte-parole de la Fédération nationale du funéraire (FNF).
Face à la hausse de la mortalité dans l’agglomération parisienne, "des solutions temporaires visant à accroître les capacités des services funéraires et de l’IML (l'Institut médico-légal, NDLR)" sont "disponibles", a indiqué à l'AFP la préfecture de police.
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