Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      

Des rassemblements d'avocats partout en France contre la réforme de la justice criminelle

| AFP | 102 | 1 par 1 internautes
L'ancienne présidente du barreau de Paris et avocate Julie Couturier lors d'une manifestation d'avocats contre le projet de loi SURE à Paris, le 13 avril 2026
L'ancienne présidente du barreau de Paris et avocate Julie Couturier lors d'une manifestation d'avocats contre le projet de loi SURE à Paris, le 13 avril 2026 ( Ludovic MARIN / AFP )

Des milliers d'avocats se sont rassemblés lundi dans plusieurs villes de France pour une opération "justice morte" contre la réforme de la justice portée par Gérald Darmanin, qui prévoit l'instauration d'un "plaider-coupable" criminel.

À Paris, à quelques mètres du Sénat où sera examiné le projet de loi dans la soirée, des robes noires ainsi que quelques magistrats, ont sorti drapeaux et pancartes dans une ambiance festive.

La réforme prévoit une procédure de "plaider-coupable" en matière criminelle, qui nécessitera l'accord de toutes les parties. La peine ne pourrait excéder les deux tiers du maximum encouru et ferait l'objet d'une négociation entre le parquet, l'avocat du mis en cause et celui de la victime, avant une audience publique d'"homologation".

Celle-ci, sans témoins ni experts, devrait durer une demi-journée, contre au moins deux à trois jours pour les procès criminels classiques. Objectif: réduire le volume de dossiers criminels, en constante augmentation.

"Le plaider-coupable réduit le droit des victimes à être entendues dans un procès. Or c'est parce que la voix des victimes a été entendue que la société a su se mobiliser ces dernières années dans le cadre des violences faites aux femmes", avait estimé lundi matin auprès de l'AFP Christophe Bayle, président de la Conférence des bâtonniers qui regroupe les 163 barreaux non parisiens, soit 45.000 avocats.

L'ancienne présidente du barreau de Paris, Julie Couturier et président de la Conférence des présidents de barreau, Christophe Bayle, à Paris, le 13 avril 2026
L'ancienne présidente du barreau de Paris, Julie Couturier et président de la Conférence des présidents de barreau, Christophe Bayle, à Paris, le 13 avril 2026 ( Ludovic MARIN / AFP )

Devant le tribunal judiciaire de Lille, le bâtonnier Philippe Simonneau n'a pas écarté la difficulté pour les victimes de devoir "se raconter à nouveau" et "se confronter à ceux qui s'en sont pris à elles", mais a estimé que c'était "un passage quasi obligé", invoquant l'impossibilité de "supprimer l'oralité des débats".

À Grenoble, les avocats mobilisés ont "symboliquement" bloqué les procédures existantes de "plaider-coupable" pour les délits - ces dernières existent depuis une vingtaine d'années -, et les avocats pénalistes sollicitent "le renvoi de toutes les affaires", sauf celles où "un contentieux de la liberté" est en jeu, selon Florent Girault, avocat et président de la commission pénale du barreau de la ville.

73% des Français favorables

"Le danger, c'est que des victimes soient plus ou moins poussées à renoncer à leur droit à un procès public", a pour sa part estimé à l'AFP Sophie Mazas, avocate à Montpellier et présidente de la Ligue des droits de l'Homme de l'Hérault.

Sur les marches de la cour d'appel de Montpellier, quelque 150 avocats se sont réunis, rejoints par des élus, dont le maire Michaël Delafosse et le sénateur Hussein Bourgi, tous deux socialistes.

Le ministre de la Justice, qui répète depuis plusieurs jours vouloir trouver un "consensus", avait tancé les détracteurs du texte, prompts selon lui à "reprocher à peu près toute forme de changement", sans "contre-propositions".

Gérald Darmanin entend en outre jouer l'opinion: selon un sondage Ifop paru lundi, 73% des personnes interrogées estiment qu'en matière criminelle, il est préférable que "l'auteur soit condamné plus rapidement après avoir reconnu les faits", contre 27% favorables à une procès classique devant une cour d'assises.

Le bâtonnier du barreau de Paris, Louis Degos à Paris le 13 avril 2026
Le bâtonnier du barreau de Paris, Louis Degos à Paris le 13 avril 2026 ( Ludovic MARIN / AFP )

"Il faudrait une vraie audience, un peu plus charpentée, où il pourrait y avoir quelques témoins, quelques experts qui permettraient quand même, sans aller toujours vers la cour d'assises, d'aller vers une audience qui ait un peu de sérieux, un peu de catharsis et un peu de solennité", a néanmoins insisté le bâtonnier du barreau de Paris, Louis Degos, en pointe dans la contestation pour avoir déjà mené plusieurs actions dans les derniers jours.

Si, au Sénat, dominé par la droite et le centre, le projet de loi devrait être adopté sans encombres, son examen à l'Assemblée prévu fin juin s'annonce davantage ardu.

Présente au rassemblement parisien, la députée LFI Andrée Taurinya a prévenu: elle entend "mener la bataille" en déposant un "maximum d'amendements pour supprimer toutes les mesures qui nous paraissent nocives pour la démocratie".

 ■

Copyright © 2026 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
1 avis
Note moyenne : 1
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
SUR LE MÊME SUJET
Publié le 13/04/2026

Le Premier ministre Sébastien Lecornu, lors de la session de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, Paris, le 8 avril 2026 ( GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP/Archives )"Pas de loi"…

Publié le 12/04/2026

Des manifestants à Paris le 12 avril 2026 ( Ian LANGSDON / AFP )Plusieurs centaines de personnes ont manifesté dimanche après-midi à Paris contre la proposition de loi Yadan, visant à contrer…

Publié le 12/04/2026

Le Premier ministre Sébastien Lecornu, lors de la session de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, Paris, le 8 avril 2026 ( GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP/Archives )Matignon a…

Publié le 12/04/2026

Le Premier ministre Sébastien Lecornu, lors de la session de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, Paris, le 8 avril 2026 ( GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP/Archives )Les dirigeants…

Publié le 12/04/2026

La police emmène de force un manifestant tandis que des personnes se rassemblent pour demander la levée de l’interdiction visant le groupe Palestine Action lors d’une manifestation à…

À LIRE AUSSI SUR MES ACTIONS
Publié le 13/04/2026

Ce matin, Tokyo perd 0,72%, Shanghai prend 0,02% et Hong Kong lâche 1,14%

Publié le 13/04/2026

Votre rendez-vous quotidien avec les petites et moyennes capitalisations ! Chaque jour, retrouvez l’analyse d’Eric Lewin sur les valeurs Small & Mid Caps du moment qui font…

Publié le 13/04/2026

(Zonebourse.com) - Le spécialiste français des semi-conducteurs a publié de très bons résultats annuels 2025, confirmant le succès de son introduction en Bourse. Portée par l'essor de…

Publié le 13/04/2026

(Zonebourse.com) - Les rumeurs d'un possible accord sur un renoncement aux capacités d'enrichissement de l'uranium par l'Iran contre une levée des sanctions US a partiellement rassuré Wall Street (…