Contraste à Wall Street avant la Fed
(Zonebourse.com) - Plus de 90 minutes après l'ouverture de la séance, les marchés actions américains évoluent en ordre dispersé en amont de la décision de la Fed ce soir à 20h. Vendredi, les Etats-Unis et l'Iran signeront bien leur protocole d'accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. Vers 17h15, le Dow Jones gagne 0,21% à 52 111,11 points. A l'inverse, le Nasdaq recule de 0,23% à 26 311,42 points.
La cérémonie de cette signature entre Washington et Téhéran se déroulera dans un hôtel de luxe du Bürgenstock, une montagne surplombant le lac de Lucerne (centre), a déclaré à l'AFP le ministère suisse des Affaires étrangères. Ce lieu a été proposé par les médiateurs pakistanais et qatariens, ainsi que par les États-Unis et l'Iran.
De plus, la première séance de pourparlers visant à parvenir à un accord final d'ici 60 jours sur le nucléaire iranien devrait vraisemblablement se dérouler dans la foulée, selon le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi.
Avant cette signature de vendredi, Donald Trump a menacé ce mercredi l'Iran : "Ce n'est pas (un texte) final. C'est un protocole d'accord, et si je ne l'aime pas, s'ils ne se comportent pas bien, nous recommencerons à balancer des bombes en plein dans leurs têtes", a-t-il affirmé en marge d'une rencontre avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, au sommet du G7 à Evian. Questionné par des journalistes en marge de ce sommet, le président américain a affirmé que le protocole d'accord était "un mur contre l'arme nucléaire. "Le memorandum d'entente est très solide", a-t-il précisé.
D'ailleurs, les dirigeants du G7, réunis depuis lundi à Evian, ont félicité l'annonce de cet accord, dans un communiqué : "Nous saluons l'annonce d'un accord entre les États-Unis et l'Iran, obtenu sous la conduite ferme du président Donald Trump, avec le soutien des pays médiateurs, qui offre une possibilité historique pour empêcher l'Iran d'acquérir l'arme nucléaire et pour lutter contre les menaces liées à ses activités régionales et balistiques. Nous appuyons sa mise en oeuvre et sommes prêts à y contribuer".
Le pétrole gagne du terrain
L'accord entre Téhéran et Washington offrirait des "retombées économiques positives à l'Iran", selon des informations rapportées par Bloomberg, qui révèle un document présenté comme l'intégralité du protocole d'accord entre l'Iran et les États-Unis. Selon le projet présenté par le document consulté par le média américain économique et financier, "les États-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreraient un plan de redressement de l'Iran et de développement économique, doté d'un financement d'au moins 300 milliards de dollars".
Dans ce contexte, les cours du pétrole repartent à la hausse. Le Brent gagne 1,4% à 80,45 USD. Le WTI avance de 1,77% à 77,66 USD.
Dans l'actualité des sociétés cotées, Intel ( 3,55%) rebondit nettement ce mercredi à la Bourse de New York après avoir officialisé le passage à l'étape de production test de sa nouvelle technologie de gravure de semi-conducteurs baptisée "Intel 18A-P", conformément au calendrier que le fabricant de puces avait présenté à ses clients.
Jabil ( 4,38%) grimpe à la faveur d'un solide troisième trimestre, porté par une demande en infrastructures d'IA "extrêmement vigoureuse". Le BPA core est en croissance de 24% à 3,16 USD. Le profit opérationnel core a progressé de 20% à 504 MUSD. À 8,75 MdsUSD, ses revenus se sont accrus de 11,8%. Le groupe spécialisé dans les prestations de sous-traitance électronique et industrielle relève ses objectifs pour l'ensemble de son exercice 2026, tablant désormais sur un BPA core de 12,70 USD, ainsi que sur une marge opérationnelle core de 5,8% pour des revenus de 35 MdsUSD, et un free cash-flow ajusté de 1,4 MdUSD ou plus.
En revanche, Carmax (-7,25%), le géant de l'automobile d'occasion chute après une performance contrastée au premier trimestre. Porté par une augmentation des prix de vente moyens et une bonne tenue de ses canaux de distribution, le chiffre d'affaires net total a progressé de 6,2% sur un an, pour s'établir à 8,0 milliards de dollars. Au total, 392 357 véhicules ont été écoulés (détail et gros), soit une hausse de 3,3% en glissement annuel. En revanche, sa marge brute totale a reculé de 4,4%, à 854,4 MUSD. En cause : une baisse de 9,5% de la marge brute sur le segment du détail.
KKR (-0,07%) a annoncé un investissement de 1,4 MdUSD en fonds propres pour continuer à élargir son portefeuille mondial d'avions commerciaux loués en partenariat avec Altavair. Les fonds gérés par le groupe de services financiers ont engagé plus de 8 milliards de dollars dans des opérations de location et de prêt d'avions depuis que KKR a formé ce partenariat stratégique avec Altavair en 2018.
Côté statistiques, aux Etats-Unis, les promesses de ventes de logements ont surpris à la hausse. Au mois de mai, elles ont fortement augmenté de 3,8%, loin de la prévision des analystes qui était de seulement 0,8%. Les données du mois d'avril ont toutefois été révisées à la baisse de 1,4 à 0,3%.
Par ailleurs, en rythme mensuel, les ventes au détail ont augmenté de 0,9% en mai aux Etats-Unis, contre un consensus de 0,5%, après une hausse précédente de 0,4%.
Les données publiées par l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) montrent que les stocks de pétrole brut aux États-Unis s'élevaient à 418,2 millions de barils lors de la semaine se terminant le 12 juin, signalant une baisse de 8,3 millions de barils par rapport à la semaine précédente.
La Fed en vedette
Ce mercredi, les investisseurs prendront connaissance de la décision de politique monétaire de la Fed avec les mots de son président Kevin Warsh en conférence de presse. Sans surprise, la Banque centrale américaine devrait maintenir ses taux directeurs dans une fourchette de 3,50% à 3,75% à l'issue de sa réunion de deux jours.
A ce sujet, Kevin Thozet, membre du comité d'investissement, Carmignac considère "qu'à ce stade, l'économie américaine ne présente guère les caractéristiques d'une économie nécessitant un assouplissement monétaire. Les indicateurs d'activité pointent vers une croissance du PIB proche de 3,3% pour le trimestre en cours, suggérant même une possible réaccélération de l'économie. Dans le même temps, l'inflation reste sensiblement supérieure à l'objectif de la banque centrale, à 4,2% sur un an pour l'indice global et 2,9% pour l'inflation sous-jacente. Cela fait désormais plus de cinq ans que l'inflation n'a pas atteint son niveau cible de 2% de la Fed".
"Nous anticipons une inflexion plus restrictive (hawkish) des projections économiques : quelques membres du comité pourraient désormais prévoir une hausse des taux d'ici la fin de l'année 2026, tandis que la projection médiane devrait continuer à indiquer une absence de changement. Le principal risque à surveiller est un décalage entre un comité qui s'oriente vers une position plus restrictive et un président dont les propres convictions sur l'inflation semblent plus constructives", estime de son côté Tiffany Wilding, économiste chez Pimco, au sujet de la politique monétaire de la Fed.
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source : AOF
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