L'Europe reste dans le rouge, plombée par le pétrole et le Moyen-Orient
(Zonebourse.com) - Les marchés d'actions européens continuent de reculer à la mi-séance ce jeudi, toujours pénalisés par la remontée des cours du pétrole, l'escalade militaire au Moyen-Orient et la tension sur les rendements obligataires. Le CAC 40 se dirige vers une seconde baisse consécutive, perdant 0,83% à 7 704,40 points. Londres, Francfort et Amsterdam cèdent respectivement 0,43%, 0,79% et 0,24%.
L'escalade au Moyen-Orient fait flamber les cours de l'or noir
Le contexte international actuel continue de peser lourdement sur les marchés alors que l'impasse persiste entre l'Iran et les Etats-Unis.
Sur le terrain militaire, le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, a affirmé ce jeudi que des combattants yéménites (soutenus par Téhéran) avaient frappé l'aéroport international de Ryad avec un missile balistique. Il a lancé un avertissement aux compagnies aériennes pour qu'elles évitent l'Arabie saoudite (alliée des Etats-Unis).
De son côté, Ryad a déploré trois morts lors d'attaques houthies contre ses aéroports. Via un communiqué de sa coalition militaire, elle indique que ces attaques ne resteraient pas "impunies". Il a riposté en annonçant la destruction de "82 cibles militaires houthies".
En outre, l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO rapporte hier qu'un pétrolier naviguant au large du Qatar a été touché "par de multiples projectiles", faisant état d'un nombre indéterminé de victimes.
Dans ce climat très délétère, les cours du pétrole affichent toujours une hausse marquée. Après 12h00, le baril de Brent grimpe de 3,21% à plus de 100 dollars : 104,45. Le WTI américain bondit de 3,31% à 91,89 USD. Cet environnement hostile fait craindre un embrasement régional et des ruptures d'approvisionnement dans le détroit d'Ormuz.
Cette nette progression des cours de l'or noir est liée à des informations dévoilées par le site d'information américain The Atlantic. Selon le média, la Maison-Blanche aurait sollicité le Pentagone pour élaborer des scénarios de frappes contre des cibles iraniennes en vue d'une possible exécution, en amont des élections de mi-mandat américaines.
OPMobility et Valneva chutent
Dans l'actualité des sociétés cotées, OPMobility (-20,14%) signe de loin la plus forte baisse du SBF 120 en raison d'un avertissement sur résultats. Comme raison avancée, le spécialiste de la mobilité durable invoque une dégradation plus marquée que prévu du marché automobile mondial, avec notamment une baisse des volumes de production, la concurrence chinoise et la volatilité des matières premières. Par conséquent, le groupe a abaissé certains de ses objectifs pour l'exercice 2026. Il vise désormais une marge opérationnelle entre 430 et 450 millions d'euros, contre environ 500 MEUR précédemment. De son côté, le cash-flow libre est attendu à plus de 220 MEUR, loin de la fourchette de 250 à 300 MEUR annoncée initialement.
De plus, Valneva (-4,14%) figure aussi parmi les plus forts replis au sein de ce même indice. Le groupe spécialisé dans la production et la commercialisation de vaccins est sanctionné en Bourse après la révocation de l'autorisation de mise sur le marché de son vaccin contre le chikungunya décidée par les autorités sanitaires du Royaume-Uni. Cette décision a été prise à l'issue d'une nouvelle évaluation du rapport bénéfice-risque.
Dans l'agroalimentaire, LDC cède environ 5% à la Bourse de Paris, malgré la publication d'un chiffre d'affaires semestriel en croissance et la confirmation de ses objectifs annuels. Le groupe vise toujours un chiffre d'affaires supérieur à 7,7 milliards d'euros et une marge opérationnelle courante supérieure à 5,5%, tout en restant attentif aux tensions géopolitiques et à l'évolution des coûts des matières premières, de l'énergie et des emballages.
Ailleurs en Europe, la biotech belge argenx (-16,31%) chute en bourse après avoir annoncé l'arrêt de son étude de phase III. Celle-ci évaluait l'Efgartigimod administré par voie sous-cutanée chez des adultes atteints du syndrome de Sjögren modéré à sévère, un trouble inflammatoire chronique, systémique et auto-immun, de cause inconnue.
La Fed envisage une nouvelle hausse des taux
Par ailleurs, les marchés restent suspendus aux orientations de la politique monétaire américaine. Hier soir, la Fed a dévoilé le compte-rendu de sa dernière réunion en septembre. La plupart des responsables de la Réserve fédérale estiment qu'une nouvelle hausse des taux serait probablement appropriée d'ici la fin de l'année.
Le comité avait alors relevé à l'unanimité sa fourchette de taux de 25 points de base, à 3,75-4%, dans l'objectif de ramener plus rapidement l'inflation vers sa cible de 2%.
Les responsables ont néanmoins précisé que leurs prochaines décisions dépendraient des données économiques à venir.
De nombreux participants voient dans des taux plus élevés une précaution contre une inflation qui pourrait persister, alimentée par une demande soutenue et de nouveaux chocs d'offre.
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source : AOF
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