Mélenchon encore et toujours au centre des débats de la primaire sociale-démocrate
A quelques jours du premier tour, les cinq candidats de la primaire de la gauche sociale-démocrate ont continué dimanche à se diviser sur la question d'une alliance avec Jean-Luc Mélenchon, lors d'un dernier débat télévisé sur BFMTV.
L'eurodéputé Place publique Raphaël Glucksmann, le patron du PS Olivier Faure, l'ex-candidate à la présidentielle de 2007 Ségolène Royal, les députés PS Jérôme Guedj et de la gauche républicaine et socialiste (GRS) Emmanuel Maurel, qui espèrent représenter la social-démocratie en 2027, ont comme lors des précédents débats, affiché leurs divergences sur une éventuelle alliance avec La France insoumise aux législatives.
Raphaël Glucksmann et Jérôme Guedj y sont résolument opposés. "Jean-Luc Mélenchon n'est pas Voldemort" - du nom du puissant sorcier maléfique de la saga Harry Potter - mais un "boulet" pour la gauche, a affirmé M. Guedj. Ce dernier a aussi accusé Olivier Faure, qui estime nécessaire le rassemblement de la gauche à l'Assemblée, de "tous nous fragiliser" en laissant "entendre que nous aurions des passerelles possibles" avec LFI.
Visant également Raphaël Glucksmann, le premier secrétaire du PS l'a accusé en retour d'avoir à "un moment fait le choix de la défaite" en ayant "déjà admis que la gauche ne pourrait pas gouverner et serait obligée d’une alliance avec la droite".
Alors que Raphaël Glucksmann a répété son hostilité à LFI, Ségolène Royal a dénoncé le "hold-up" que le candidat de Place publique mène sur le PS, l'accusant d'être venu dans la primaire car il "n'a pas réussi à créer une dynamique avec son parti politique", et d'accabler la formation de Jean-Luc Mélenchon pour "justifier l'alliance avec la droite".
"Wonder Woman"
"Un pur procès d'intention", a déploré M. Glucksmann, affirmant qu'il n'avait "aucune intention de diluer la famille sociale-démocrate, ni dans le mélenchonisme ni dans la droite".
Ce procès en "macronisme" qui est intenté à M. Glucksmann s'est trouvé renforcé par la proposition de Gabriel Attal, samedi, de former une "grande coalition" en vue de la présidentielle, avec le leader de Place publique.
Ses soutiens se sont empressés dimanche de fermer la porte à cette offre, soucieux de se débarrasser de cette encombrante étiquette.
L'eurodéputé, qui fait figure de favori avec ses 10 à 12% dans les intentions de vote pour la présidentielle, s'est retrouvé en difficulté dès le début du débat, obligé de s'excuser après ses "propos inélégants" à l'encontre de Ségolène Royal qu'il accusait d'avoir fait "la danse du ventre à Macron" ces dernières années, dans une vidéo diffusée samedi sur les réseaux sociaux.
"C'est une agression, en plus à connotation sexuelle", lui a-t-elle asséné. M. Glucksmann s'est dit "désolé".
Après un début de débat "cataclysmique" selon les mots de Raphaël Glucksmann, en ne parlant que de Jean-Luc Mélenchon,les candidats se sont davantage concentrés sur le fond.
Ils ont affiché leur soutien aux revendications des lycéens, Olivier Faure demandant la convocation d'"états généraux lycéens" et déplorant que "70% des budgets des écoles privées soient sur des financements publics". Raphaël Glucksmann a promis pour sa part une "loi de programmation sur cinq ans" pour l'école publique.
"Avec moi, il n'y aurait pas de mouvement social", a estimé de son côté Ségolène Royal. "C'est un peu wonder woman", a souri M. Faure.
Les cinq rivaux ont échangé successivement sur les retraites, les familles monoparentales, l'énergie ou la fiscalité, M. Faure défendant la taxe Zucman, et Raphaël Glucksmann la taxation des mega heritages, des superprofits et des plus hauts patrimoines.
En matière d'immigration, ils se sont accordés sur la régularisation des travailleurs sans-papier.
- Glucksmann favori -
Certains dans l'entourage de Raphaël Glucksmann estiment qu'il pourrait l'emporter dès le premier tour de la primaire, prévu les 9-10 octobre, le camp d'Olivier Faure mettant en avant l'inconnue du corps électoral.
Les cinq candidats ne cessent d'appeler les électeurs à venir participer à cette primaire, dont le coût d'adhésion de 15 euros reste un frein. Les électeurs ont jusqu'à lundi soir minuit, pour s'inscrire pour le 1er tour.
Après les deux précédents débats, des adhésions supplémentaires ont été enregistrées. La Commission en charge de son organisation table sur plus de 90.000 votants, loin de la primaire qui avait conduit à la victoire de François Hollande en 2012 (entre 2,6 et 2,8 millions d'électeurs).
L'engouement semble effectivement limité, comme le montre un sondage Elabe pour La Tribune Dimanche: seulement 25% des Français disent s'y intéresser, et 56% des sympathisants socialistes ou Place publique.
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