Ethiopie: les autorités refusent de renouveler les accréditations pour trois correspondants de Reuters
Les autorités éthiopiennes ont refusé de renouveler les accréditations pour trois correspondants de Reuters, a annoncé vendredi l'agence de presse mondiale à l'AFP, une décision qualifiée de "signal inquiétant pour la liberté de la presse dans le pays" par Reporters sans frontières (RSF).
Reuters n'a pas donné de raison pour cette décision des autorités d'Addis Abeba, mais elle intervient quelques jours après la publication par l'agence de presse d'une enquête qui affirme que l'Ethiopie accueille sur son territoire une base de formation des Forces de soutien rapides (RSF), une milice paramilitaire qui combat depuis avril 2023 l'armée régulière au Soudan voisin.
Interrogées par l'AFP sur ces accusations, les autorités éthiopiennes n'ont pas donné suite.
"Le gouvernement éthiopien a retiré l'accréditation de Reuters pour le 39e sommet de l'Union africaine (qui se tient les 14 et 15 février, NDLR) et n'a pas renouvelé l'accréditation de trois journalistes de Reuters basés à Addis Abeba pour travailler dans le pays", a affirmé vendredi dans un mail un porte-parole de l'agence de presse.
"Reuters examine actuellement la question et continuera à couvrir l'Éthiopie de manière indépendante, impartiale et fiable, conformément aux principes de confiance de Thomson Reuters", a-t-il poursuivi.
Interrogé par l'AFP, un membre de l'autorité éthiopienne des médias (EMA), institution qui a la charge des accréditations, a affirmé ne pas avoir d'informations.
Cette décision, qualifiée de "signal inquiétant pour la liberté de la presse", ressemble à des représailles "contre une enquête qui est manifestement jugée sensible par les autorités", a réagi Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF, exhortant les autorités à lever ces mesures.
Reuters est l'une des trois agences mondiales d'information, avec AP et l'AFP.
Plusieurs journalistes ont été emprisonnés ou ont vu leurs accréditations retirées ces derniers mois en Ethiopie. Selon RSF, qui classe le pays au 145e rang sur 180 en matière de liberté de la presse, cinq journalistes sont aujourd'hui en prison.
En décembre, les journalistes locaux de Deutsche Welle (DW) avaient été "suspendus définitivement". Les accréditations pour les correspondants de BBC n'ont également pas été renouvelées.
L'Ethiopie, deuxième pays plus peuplé du continent avec quelque 130 millions d'habitants, est dirigé depuis 2018 par le Premier ministre Abiy Ahmed. Selon RSF, le paysage médiatique sous M. Abiy demeure "très polarisé et empreint d'une culture de l’opinion au détriment de la vérification de l’information" tout en notant qu'il est "toutefois plus ouvert et pluraliste que sous le régime précédent".
Le pays doit organiser le 1er juin des élections législatives.
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