Crash d'Ethiopian: Boeing devra payer 49,5 millions de dollars aux proches d'une victime
Le jury d'un tribunal fédéral civil de Chicago a octroyé mercredi soir une indemnisation de 49,5 millions de dollars, que devra verser Boeing, aux proches d'une Américaine de 24 ans tuée dans l'accident d'un 737 MAX 8 d'Ethiopian Airlines en 2019, qui avait fait 157 morts.
Le jury a décidé, après environ deux heures de délibérations, "que le total des dommages subis par la partie plaignante atteignait 49,5 millions de dollars", précise un document publié par le tribunal.
"Nous sommes profondément désolés pour tous ceux qui ont perdu des proches sur les vols Lion Air 610 et Ethiopian Airlines 302," a réagi Boeing, dans une déclaration transmise à l'AFP.
"Bien que nous ayons abouti à des accords à l'amiable dans quasiment toutes les plaintes, les familles sont tout à fait légitimes à porter leurs requêtes devant les tribunaux, et nous respectons leur droit de le faire", a ajouté le groupe.
"Nous sommes honorés d'avoir eu l'opportunité de défendre cette affaire pour une indemnisation compensatoire", ont déclaré jeudi Shanin Specter et Elizabeth Crawford, avocats des plaignants, dans un communiqué.
"La prochaine étape sera de faire appel de l'annulation de la demande de dommages punitifs contre des dirigeants de Boeing et des fournisseurs", ont-ils ajouté, sans autre détail.
Selon le cabinet Kline & Specter, le jury a attribué 21 millions de dollars au titre de la détresse subie par Samya pendant les six minutes du vol - l'avion montait et descendait brusquement -, 16,5 millions pour préjudice d'affection et 12 millions pour le deuil familial.
Les deux accidents ont entraîné des dizaines de plaintes au civil, dont la quasi-totalité ont été réglées par des accords à l'amiable.
Mais, dans le cas de Samya Stumo, ses proches ne sont pas parvenus à s'entendre avec Boeing en amont du procès, qui s'est déroulé du 4 au 13 mai.
"Boeing a été négligent. L'avion de Boeing n'était pas sûr. Boeing a causé ce crash et ces décès", avait déclaré M. Specter, dans ses propos liminaires.
"Ce crash était évitable", avait-il déploré, tandis que Michael Stumo et Nadia Milleron, les parents de Samya, ainsi que ses frères, Adnaan et Tor, se trouvaient au premier rang du public.
C'est en effectuant sa première mission pour "son emploi de rêve" avec l'ONG ThinkWell, spécialisée dans la santé publique, qu'elle a embarqué le 10 mars 2019 sur le vol ET302, qui s'est écrasé peu après le décollage d'Addis Abeba.
"Douleur infligée"
Boeing a admis, dès 2019, qu'un logiciel anti-décrochage avait contribué à cet accident, ainsi qu'à celui d'un 737 MAX 8 de la compagnie indonésienne Lion Air le 29 octobre 2018. Ces accidents ont fait 346 morts au total.
Dan Webb, avocat de l'avionneur, avait exprimé le 6 mai ses regrets et affirmé être "d'accord avec M. Specter" sur le fait que la famille Stumo devrait recevoir "une compensation financière importante pour la douleur infligée".
"Notre seul désaccord (porte) sur le montant exact de cette compensation", avait-il relevé.
Le tout premier procès civil contre Boeing lié aux deux accidents s'est déroulé en novembre 2025. Le jury a octroyé 28,45 millions de dollars d'indemnisation au veuf d'une victime.
Un second procès, en janvier, a été interrompu après un accord hors tribunal au soir du second jour.
Le prochain est fixé au 3 août, au sujet du décès de Michael Ryan, ingénieur irlandais du Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU.
De nombreuses victimes du vol d'Ethiopian allaient à l'Assemblée des Nations unies pour l'environnement (ANUE) à Nairobi.
Concernant l'accident de Lion Air, toutes les plaintes ont abouti à des accords. Le dernier, concernant le seul étranger du vol, un Italien de 26 ans, a été conclu fin février.
Après moult rebondissements depuis 2021, un juge du Texas a ordonné le 6 novembre 2025 l'abandon des poursuites pénales contre Boeing pour les deux accidents.
Par ailleurs, un procès intenté par la compagnie polonaise LOT contre Boeing a commencé lundi devant un tribunal fédéral civil de Seattle (nord-ouest). Sauf accord à l'amiable, il devrait durer jusqu'aux alentours du 26 mai.
Le constructeur se voit réclamer "au moins 250 millions de dollars" pour compenser les pertes subies par LOT du fait de l'immobilisation des 737 MAX, pendant vingt mois, après les deux crashes, d'après la plainte consultée par l'AFP.
LOT, première compagnie aérienne à poursuivre l'avionneur américain, est, à ce stade, la seule à aller jusqu'au procès.
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