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Faux conseillers bancaires: onze prévenus jugés pour un butin de 740.000 euros

| AFP | 316 | Aucun vote sur cette news
Onze personnes sont jugées à partir de jeudi devant le tribunal correctionnel de Paris, soupçonnées d'appartenir à un réseau de faux conseillers bancaires qui aurait subtilisé près de 740.000 euros à une centaine de victimes
Onze personnes sont jugées à partir de jeudi devant le tribunal correctionnel de Paris, soupçonnées d'appartenir à un réseau de faux conseillers bancaires qui aurait subtilisé près de 740.000 euros à une centaine de victimes ( LOIC VENANCE / AFP )

Onze personnes sont jugées à partir de jeudi devant le tribunal correctionnel de Paris, soupçonnées d'appartenir à un réseau de faux conseillers bancaires qui aurait subtilisé près de 740.000 euros à une centaine de victimes.

Le mode opératoire décrit par les enquêteurs reposait sur une manipulation en plusieurs temps.

D'abord, les victimes recevaient un SMS les alertant d'un prétendu achat frauduleux et les invitant à contacter un numéro de téléphone débutant par 01.

Au bout du fil, un faux agent du service des fraudes d'une banque les persuadait de placer leur carte bancaire dans une enveloppe pour la détruire, avant de dépêcher un coursier à leur domicile pour la récupérer.

Selon l'accusation, une fois la carte et le code confidentiel obtenus, les coursiers filaient vider les comptes via des retraits aux distributeurs ou l'achat de biens de valeur, notamment dans une grande enseigne d'électroménager.

L'investigation a permis de rapprocher 148 faits commis sur tout le territoire entre avril 2022 et avril 2023.

"Au début, je ne voulais pas le dire à mes proches de peur de passer pour une idiote", témoigne à l'AFP Joëlle Dudal, retraitée de la publicité financière, qui a perdu 4.100 euros.

"J'avais emprunté cet argent à mon père pour partir en vacances, je n'en dormais pas la nuit", se rémémore-t-elle plus de quatre ans après les faits.

Les enquêteurs décrivent une organisation pyramidale du réseau, avec à sa tête un donneur d'ordre désigné sous le pseudonyme de "padrino" ("parrain" en italien), qui pilotait vraisemblablement les opérations depuis le Maroc.

Celui-ci était absent au premier jour du procès, présidé par le juge Guillaume Daieff. Parmi les prévenus présents, certains sont accusés d'avoir agi comme coursier ou "acheteur", en vidant les comptes volés.

En moyenne 2.600 euros dérobés

La fraude dite "par manipulation", basée sur des mécanismes d'ingénierie sociale, a fortement augmenté à partir de 2021, selon les analyses de l'Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP) de la Banque de France.

La façade de la Banque de France le 30 juillet 2025, à Paris
La façade de la Banque de France le 30 juillet 2025, à Paris ( Martin LELIEVRE / AFP/Archives )

Un mouvement logique, selon Pierre Bienvenu, chef du service des moyens de paiement scripturaux à la Banque de France.

"Avec le déploiement de l'authentification forte" sur les applications bancaires généralisée depuis 2019 par une directive européenne, "la fraude est devenue quasiment impossible sans une action de la victime", décrypte-t-il auprès de l'AFP.

La fraude par manipulation a représenté 382 millions d'euros en 2024, et 245 millions au premier semestre 2025.

Chaque transaction frauduleuse en ligne représentait un montant moyen d'environ 2.600 euros en 2024, selon un chiffre communiqué à l'AFP par la Banque de France.

"Pas de profil type"

Pour Me Virginie Audinot, avocate spécialisée dans la fraude bancaire, il n'y a pas de profil type des victimes des faux conseillers. "J'ai parmi mes clients des étudiants, des retraités, des gens parfaitement érudits avec des postes très haut placés", rapporte l'avocate.

La stratégie des fraudeurs consiste à
La stratégie des fraudeurs consiste à "mettre la victime en état de panique en lui faisant croire qu'une fraude a déjà eu lieu", explique Me Audinot ( Kirill KUDRYAVTSEV / AFP )

La stratégie des fraudeurs consiste à "mettre la victime en état de panique en lui faisant croire qu'une fraude a déjà eu lieu", explique Me Audinot.

Un mode opératoire vécu par Anne Bosquet, facilitatrice graphique dans les Hautes-Alpes, ciblée un soir par un soi-disant conseiller de sa banque.

Pour empêcher un prétendu paiement frauduleux, "il m'a demandé de passer sur WhatsApp afin de partager l'écran de mon téléphone et de me guider sur mon application", raconte-t-elle à l'AFP.

Une technique de plus en plus utilisée par les escrocs, rapporte Pierre Bienvenu de la Banque de France, notamment pour subtiliser les codes de la victime.

Heureusement pour elle, Anne Bosquet a eu un "déclic" au moment de saisir son code secret. Tous n'ont pas eu cette vigilance d'esprit: parmi les clients de Me Audinot, un couple de retraités a perdu plus de 600.000 euros.

La banque peut indemniser

Selon le Code monétaire et financier, la banque est tenue de rembourser son client en cas d'opération non autorisée, à moins qu'elle ne prouve une négligence grave.

Des affaires récentes en justice ont toutefois retenu que la banque devait indemniser lorsque les malfaiteurs recouraient au "spoofing", soit l'usurpation du véritable numéro de la banque sur le téléphone de la cible.

Une technique de plus en plus compliquée pour les fraudeurs, car une loi dont l'application a débuté fin 2024 oblige désormais les opérateurs à s'assurer que les numéros appelants affichés sont authentifiés.

"C'est un bâton dans les roues supplémentaire, mais la fraude continue car les escrocs adaptent continuellement leur discours", prévient toutefois Pierre Bienvenu.

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