Le brasseur Heineken va supprimer entre 5.000 et 6.000 emplois
Heineken a annoncé mercredi supprimer entre 5.000 et 6.000 emplois face à ce que le brasseur néerlandais a qualifié de "conditions de marché difficiles", alors qu'il a fait état de volumes de bières en baisse en 2025.
L'entreprise a déclaré dans un communiqué qu'elle allait "accélérer la productivité à grande échelle afin de réaliser des économies importantes, en supprimant 5.000 à 6.000 postes au cours des deux prochaines années".
Une décision bien accueillie par les investisseurs, le titre Heineken ayant pris 3,9% lors des premiers échanges à la Bourse d'Amsterdam.
"Nous restons prudents dans nos prévisions à court terme concernant les conditions du marché de la bière", a déclaré le directeur général Dolf van den Brink.
Ce dernier a créé la surprise en janvier en annonçant son départ de la tête de l'entreprise après presque six ans.
Lors d'un appel avec les journalistes, M. van den Brink a déclaré ressentir "des sentiments mitigés" concernant son départ. Il avait reconnu en janvier avoir guidé l'entreprise "à travers une période économique et politique turbulente".
"Ma priorité pour les mois à venir est de laisser Heineken dans la position la plus forte possible", a-t-il déclaré.
Difficultés aux Etats-Unis et en Europe
Le 2e brasseur mondial derrière AB InBev connaît des difficultés, notamment aux États-Unis et en Europe.
En octobre, Heineken avait déjà annoncé la suppression ou le transfert de 400 emplois dans le cadre d'une réorganisation majeure de son siège social à Amsterdam afin de tirer parti des nouvelles technologies.
L'entreprise emploie environ 87.000 personnes dans le monde.
Les dirigeants ont refusé de préciser où aura lieu la plupart des suppressions d'emplois, mais le directeur financier Harold van den Broek a laissé entendre qu'elles concerneraient l'Europe.
"L'Europe représente une part importante de notre activité", a-t-il déclaré aux journalistes.
"Et les résultats financiers montrent également qu'il est très difficile d'y obtenir un bon effet de levier opérationnel", a-t-il ajouté.
Un rapport des Brasseurs européens (Brewers of Europe) publié en décembre indique que la production de bière dans l'Union Européenne est en baisse depuis 2019, et que les premiers chiffres de 2025 signalaient un resserrement supplémentaire.
"La faible confiance des consommateurs, la diminution des dépenses, la hausse des coûts, l’inflation et les pressions liées au climat frappent durement le secteur", explique le rapport.
Une tendance qui se reflète dans les chiffres de Heineken, qui a affiché une baisse de 2,4% de ses volumes globaux de bière en 2025, particulièrement ressentie en Europe et en Amérique, avec des baisses respectives de 4,1% et 3,5%.
Le chiffre d'affaires s'est établi à 34,4 milliards d'euros en 2025, en baisse contre les 36 milliards enregistrés l'année dernière.
L'entreprise a cependant fait état d'une hausse de 4,9% de son bénéfice net avant éléments exceptionnels et amortissements des actifs liés aux acquisitions, à hauteur de 2,7 milliards d'euros.
Le bénéfice d'exploitation hors éléments exceptionnels et amortissements, la mesure privilégiée par l'entreprise, s'est quant à lui élevé à 4,4 milliards d'euros, soit une hausse de 4,4% sur un an.
Pour 2026, Heineken table sur un bénéfice d'exploitation annuel compris entre 2 et 6 %.
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