Les compagnies aériennes rassurent: l'Europe aura bien du kérosène
Les compagnies aériennes européennes se sont voulues rassurantes jeudi sur le carburant: elles ont affirmé, depuis Bruxelles et Paris, que le kérosène n'allait pas leur manquer mais rester très cher.
Des craintes à ce sujet avaient émergé en septembre en raison la multiplication des crises géopolitiques.
Les pays du Golfe, grands producteurs de pétrole et de kérosène, peinent à exporter leur production, en raison de la guerre au Moyen-Orient. Les installations pétrolières de ces pays sont attaquées à la fois par l'Iran (lui-même attaqué par les États-Unis) et par les rebelles houthis du Yémen. S'y ajoutent les attaques des raffineries russes par l'Ukraine, qui se défend contre une invasion par la Russie.
Mais, à Bruxelles, le directeur général de la compagnie irlandaise Ryanair, Michael O'Leary, a dissipé les craintes de pénurie.
"Il n'y a pas de doutes, je pense, quant à la disponibilité du carburant d'aviation en Europe cet hiver, ou franchement jusqu'à l'été prochain non plus, à moins que se produise un quelconque événement imprévu", a-t-il déclaré, lors d'une conférence de presse de l'association professionnelle des compagnies européennes (A4E).
Mais les prix élevés devraient persister. "Historiquement, le carburant d'aviation était entre 10% et 15% plus cher que le baril de Brent. Il se situe actuellement à un prix 50% plus élevé", a déploré le patron irlandais.
"Et je ne vois pas ça changer pendant les 12 ou 18 prochains mois, les Ukrainiens attaquant les raffineries russes, les Houthis et les Iraniens attaquent les capacités au Moyen-Orient, et les pénuries de raffinage ou de navires, et de capacités des raffineries vont être un vrai problème", a-t-il encore expliqué.
"Dans le rouge vif"
À Paris, le président de l'organisation professionnelle de l'aérien, la Fnam, a tenu le même discours.
"Nous n'avons pas d'inquiétude en matière de sécurité des approvisionnements. C'est déjà un point qui est positif", a déclaré devant la presse Pascal de Izaguirre, qui dirige également la compagnie Corsair.
Lui aussi est pessimiste sur l'évolution des coûts en carburant, sans surprise.
"À ce niveau du prix du pétrole", a-t-il prévenu, "vous avez un certain nombre de vols qui basculent dans le rouge vif", c'est-à-dire qui deviennent fortement déficitaires.
"Malheureusement depuis l'intervention militaire en Iran, la situation s'est profondément dégradée pour le secteur aérien. Je ne vous cacherai pas que la situation est quand même très grave. Très grave parce qu'il y a bien sûr l'augmentation du prix du kérosène et il y a également bien sûr l'effet des hausses ininterrompues de fiscalité", a-t-il ajouté.
L'année 2026, qui s'annonçait bonne pour les compagnies aériennes, est devenue extrêmement compliquée depuis le lancement de la guerre contre l'Iran par les États-Unis et Israël, le 28 février.
Rien n'a permis de renouer avec l'optimisme, depuis. Les responsables de la Fnam notaient ainsi que le déstockage de réserves stratégiques de produits pétroliers annoncée par le G7, vendredi, n'avait permis de faire redescendre le prix du kérosène que légèrement. Dès mercredi, il est reparti à la hausse, face à l'escalade du conflit entre Arabie saoudite et Houthis.
Les patrons d'Air France-KLM, EasyJet, IAG (le groupe qui comprend British Airways), Lufthansa et Ryanair prônaient tous une même réponse de la part de l'Union européenne et de ses États membres: alléger les contraintes fiscales et règlementaires.
Airlines for Europe relevait même une curiosité, l'inflation sur le marché des carburants d'origine non fossile ("SAF").
"Les prix des SAF suivent aussi la même courbe et sont en augmentation, alors même que ce n'est pas le même produit, pas issu de la même matière première, et qu'ils ne viennent pas de la même région du monde", soulignait sa directrice générale, Ourania Georgoutsakou.
■
Copyright © 2026 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote