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Mélenchon, comparé à Jean-Marie Le Pen, s'excuse d'avoir "déformé par erreur" le nom de Glucksmann

| AFP | 345 | 2 par 2 internautes
Le fondateur de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon lors d'un meeting le 1er mars 2026 à Perpignan
Le fondateur de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon lors d'un meeting le 1er mars 2026 à Perpignan ( Ed JONES / AFP )

Contraint à un rare mea culpa, Jean-Luc Mélenchon s'est dit "désolé" d'avoir "déformé par erreur" les noms de plusieurs personnalités dont celui de l'eurodéputé Raphaël Glucksmann, ce qui lui avait valu d'être comparé à un "Jean-Marie Le Pen de notre époque".

Lors d'un meeting à Perpignan dimanche, le chef de la gauche radicale a fait référence à l'eurodéputé social-démocrate, prononçant d'abord son nom "Glucksman" puis, en se reprenant, "Glucksmane".

Ses propos ont réactivé des accusations d'antisémitisme dont il se défend. Quelques jours plus tôt, il avait déjà été critiqué pour avoir ironisé sur le nom à consonance juive du criminel sexuel Jeffrey Epstein, en se demandant si la prononciation "Epstine" ne visait pas à le russifier.

Le leader de La France insoumise a affirmé lundi sur X avoir "déformé par erreur beaucoup de noms dans ce discours" à Perpignan, comme celui de Donald Trump ou du candidat insoumis Mickaël Idrac.

"Celui de Glucksmann provoque des réactions alors même que j'ai rectifié sur le champ. J'en suis le premier désolé pensant à ceux que cela blesse. Je retiens la leçon. On ne m'y reprendra pas", a-t-il dit.

Le geste est notable pour le tribun de 74 ans qui s'est fixé pour ligne de ne jamais reculer face aux controverses politiques et médiatiques. Comme un aveu, le choeur des cadres insoumis, d'ordinaire prompts à monter au créneau pour défendre le patriarche, se faisait cette fois-ci plus discret sur les réseaux sociaux.

Pourtant le rival Raphaël Glucksmann, autre candidat potentiel à l'élection présidentielle de l'an prochain, avait qualifié plus tôt Jean-Luc Mélenchon de "Jean-Marie Le Pen de notre époque".

Raphaël Glucksmann le 20 janvier 2026 à Strasbourg
Raphaël Glucksmann le 20 janvier 2026 à Strasbourg ( NICOLAS TUCAT / AFP/Archives )

"Il est devenu ce mélange de trublion et de clown qui joue avec les pires codes de l'extrême droite française et de l'antisémitisme", avait-il insisté.

D'autres personnalités politiques, comme l'ancien Premier ministre Gabriel Attal, ont aussi comparé l'insoumis au défunt fondateur du Front national, plusieurs fois condamné par la justice pour des propos sur les Juifs ou la Seconde guerre mondiale.

"Eaux brunes"

LFI traverse une tempête politique depuis la mise en cause de collaborateurs de son député Raphaël Arnault dans l'enquête sur la mort du militant d'extrême droite Quentin Deranque à Lyon.

Au cours des dernières semaines jalonnées par les polémiques, le mouvement mélenchoniste s'était arc-bouté sur ses positions, quitte à creuser le fossé avec les autres partis de gauche.

Un choix qui comporte des risques, à moins de deux semaines d'élections municipales vues comme un test pour la présidentielle de 2027. Le parfum de scandale qui entoure LFI pourrait saborder les potentielles alliances au second tour.

Pour l'instant, le PS et les Ecologistes n'ont pas complètement fermé la porte à des rapprochements avec les Insoumis, "au cas par cas", entre les deux tours des municipales des 15 et 22 mars. Même si des voix à gauche, comme l'ancien président socialiste François Hollande, appellent à couper les ponts.

Le parti de M. Glucksmann, Place publique, a d'ailleurs rappelé lundi qu'il n'a conclu "aucune alliance" avec LFI et fait savoir qu'il avait "suspendu" ses candidats dérogeant à cette ligne.

Le député socialiste Jérôme Guedj, le 20 janvier 2026, à l'Assemblée nationale, à Paris
Le député socialiste Jérôme Guedj, le 20 janvier 2026, à l'Assemblée nationale, à Paris ( STEPHANE DE SAKUTIN / AFP/Archives )

Malgré ces critiques, dans certaines villes comme Toulouse, les listes de gauche pourraient avoir bien du mal à faire sans les Insoumis.

Le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, réagissant aux dernier propos de Jean-Luc Mélenchon, a estimé que "tout ça finira mal", dénonçant "ce qui n'est plus un dérapage mais une stratégie qui dérive sur les eaux brunes de l'antisémitisme".

Dans la même veine, le socialiste Jérôme Guedj a exprimé sa "solidarité" envers le collectif "Nous vivrons", créé après les attaques du Hamas du 7-Octobre 2023 pour lutter contre l'antisémitisme, et que M. Mélenchon a qualifié dimanche de "petite bande fasciste soutenue par le PS parisien".

Jean-Luc Mélenchon avait cependant réaffirmé qu'il n'est "pas antisémite", avant d'accuser ses détracteurs de s'être "tiré une balle dans le pied" en faisant eux-mêmes "le rapprochement entre Epstein et sa religion".

Lundi, il a accusé l'extrême droite de vouloir "provoquer une inversion" et de lui "attribuer un antisémitisme qui, comme tous les racismes, reste son code génétique".

Le Rassemblement national, qui veut parachever son opération de dédiabolisation, a attaqué avec force et appelé les autres formations à lui faire barrage aux prochaines élections - une stratégie dont le parti à la flamme est généralement la cible.

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