Présidentielle: Édouard Philippe tient à son rythme
"Je vais continuer à être moi". Édouard Philippe a affiché jeudi son "envie de gagner" l'élection présidentielle mais "à (son) rythme", sans verser dans "l'hypercommunication", alors que le président d'Horizons est désormais officiellement concurrencé dans le bloc central par Gabriel Attal.
Invité de France Inter, le maire du Havre a par ailleurs assuré qu'"aucune décision de justice non-définitive ne l'empêchera d'être candidat à l'élection présidentielle", malgré l'ouverture d'une instruction le visant pour des faits présumés de détournement de fonds publics.
Autrement dit, il maintiendrait sa candidature en cas de mise en examen dans ce dossier.
Édouard Philippe a également profité de cette intervention à la radio pour distiller quelques éléments de son programme. S'il accède à l'Élysée, il recourra au référendum pour instaurer une "règle d'or" budgétaire constitutionnelle, voire -petite évolution- pour lancer une nouvelle réforme des retraites.
Sur ce sujet, il a réaffirmé sa conviction que les Français devront "tous travailler un peu plus longtemps", mais "peut-être pas de façon uniforme, tout le monde jusqu'à 67 ans".
Le président d'Horizons tiendra une réunion publique à Paris le 5 juillet, alors que Gabriel Attal, qui a annoncé sa candidature vendredi, tient meeting dès samedi à Paris. Officialisant une compétition au sein du bloc central, alors qu'Emmanuel Macron ne peut se représenter.
En baisse dans un sondage Odoxa, où il se retrouve talonné par Jean-Luc Mélenchon (LFI), pressé d'afficher sa détermination par des soutiens comme le ministre de la Justice Gérald Darmanin, Édouard Philippe s'est dit "extrêmement déterminé".
"J'aime les campagnes électorales et j'ai envie de gagner cette élection présidentielle", a-t-il insisté.
Mais "je vais continuer à être moi, dire des choses que je crois importantes même lorsqu'elles ne sont pas populaires", a-t-il affirmé, revendiquant de "parcourir le pays parfois sans caméra" car les Français "aiment aussi une forme d'authenticité, y compris avec des défauts".
Le premier chef du gouvernement d'Emmanuel Macron (2017-2020) dit assumer cette différence de style.
"On va faire une campagne qui va durer onze mois (...) Je vais la faire à mon rythme et personne me dictera mon rythme. Ni mes amis, ni mes adversaires", a-t-il assuré.
-"Je ne regarde jamais CNews"-
Pour lui, le recours au referendum est un signal adressé aux sympathisants de gauche. Car il ne veut pas "donner le sentiment au deuxième tour de piéger les électeurs qui font le choix de celui ou celle qui lutte contre l'extrême droite".
Alors qu'il avait évoqué en 2025 trois référendums -règle d'or, retraites, habilitation pour légiférer par ordonnance-, Edouard Philippe cite à présent prioritairement la règle budgétaire. Une ou des consultations imaginées au moment des élections législatives qui devraient suivre la présidentielle, "ou quelques mois après".
Dans la compétition qui s'est engagée au centre entre les héritiers d'Emmanuel Macron, Edouard Philippe cherche à se distinguer de Gabriel Attal.
Il a ainsi marqué jeudi une différence sur la question de l'âge légal de départ à la retraite, que le patron de Renaissance ambitionne de supprimer et qu'il veut conserver "parce qu'il y a une contrainte collective qu'il faut tenir" dans un système de répartition.
Dans cette primaire officieuse, Edouard Philippe, qui se pose en candidat du centre et de la droite, a un autre adversaire en la personne du président de LR, Bruno Retailleau.
"Il y a Gabriel (Attal) qui veut monter sur la table, il y a Bruno Retailleau qui veut la renverser. Il va falloir qu'ils se parlent. Parce que s'ils le font en même temps, il y en a un qui va se faire mal", a-t-il raillé.
Sur France Inter, Édouard Philippe a également critiqué le puissant groupe de médias du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, pour l'influence laissée à l'ancienne directrice du média Russia Today, Xenia Fedorova, qui y relaie la position des autorités russes sur la guerre en Ukraine.
De retour de Kiev, où il était en début de semaine, il s'est étonné de la place donnée à cette personnalité russe dans des médias "souvent beaucoup plus durs et beaucoup plus exigeants avec la présence sur le sol d'étrangers en France".
"Je dois avouer que je ne regarde jamais CNews", a-t-il dit, tout en ajoutant qu'il irait tout de même y faire campagne pour 2027.
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