Primaire : Olivier Faure engagé dans un combat à l'issue plus qu'incertaine
Accusé par ses opposants de "délégitimer" la primaire de la gauche, le premier secrétaire du PS Olivier Faure, lancé dans la campagne depuis une dizaine de jours, peine à s'imposer, dans sa bataille la plus incertaine depuis qu'il est à la tête du PS.
Ses détracteurs en sont convaincus : Olivier Faure, qui a annoncé sa candidature une semaine après le favori Raphaël Glucksmann, "a renoncé à gagner la primaire, alors il joue une forme de destitution du processus", déplore un socialiste qui a rallié le camp du leader de Place publique.
Il en veut pour preuve que le premier secrétaire, à la tête du parti depuis 2018, a relancé le débat sur le périmètre de la primaire, poussant le député ex-Insoumis François Ruffin à y participer, alors que le sujet a été tranché par les militants socialistes, qui ont opté en juillet pour un processus restreint à l'axe social-démocrate.
De même, il a critiqué le choix d'une adhésion à 15 euros pour participer à la primaire, trop élevé selon lui pour attirer le plus grand nombre de votants.
"Il est en roue libre, (comme en) +fin de règne+. C'est comme s'il cherchait une victoire posthume, pour pouvoir dire +Je suis mort, mais si on avait fait "Bagneux" cela aurait été mieux+", accuse le même parlementaire. Une référence à la tentative d'union de la gauche pour la présidentielle avec les Ecologistes et les ex-Insoumis, initiée en juillet 2025 dans cette ville des Hauts-de-Seine, mais avortée en raison du refus d'une partie du PS.
Dans le camp fauriste, on dément ces allégations.
"Cette petite musique est alimentée par ceux qui sont confrontés à la demande de Ruffin ou (du banquier d'affaires) Matthieu Pigasse de participer à la primaire et qui refusent par peur", remarque son entourage.
Et de réfuter tout esprit de défaite. "On fourbit nos armes".
Le patron du PS n'a pas encore percé le mur du son depuis sa déclaration de candidature sur TF1, où il avait démarré en écorchant le prénom de la journaliste Anne-Claire Coudray.
Et sa comparaison du village du Porge (Gironde), ravagé par les incendies de l'été, avec le village martyr d'Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne), dont les habitants ont été massacrés par les nazis en juin 1944, a accentué le malaise, lui-même reconnaissant une "maladresse".
Problème d'incarnation
C'est la première fois que le premier secrétaire, réélu trois fois à la tête du PS, se lance dans une campagne présidentielle, après avoir laissé la place à Anne Hidalgo en 2022 (1,7%).
Souvent confronté à l'hostilité dans son propre parti, où ses opposants lui reprochent d'avoir un temps pactisé avec Jean-Luc Mélenchon, il livre un combat qui semble perdu d'avance.
Il est en effet minoritaire au PS depuis que le chef des députés Boris Vallaud s'est retourné contre lui et évalué dans les sondages présidentiels autour de 4%, contre 10 à 14% pour Raphaël Glucksmann.
"Olivier est combatif, il est en train de progressivement sortir de son costume de premier secrétaire, il se libère", rétorque Sébastien Vincini, président du département de Haute-Garonne et un des porte-parole de sa campagne.
Le député de Seine-et-Marne va développer sa vision de la société et son programme dans un livre baptisé "La Loi du plus juste" à paraitre la semaine prochaine.
Il entend notamment défendre le modèle social français, refusant toute baisse des cotisations sociales, que souhaitent plusieurs de ses rivaux pour rapprocher le salaire net du brut.
Celui qui espère se démarquer de Raphaël Glucksmann en mettant en avant ses origines modestes et étrangères veut aussi capitaliser sur son combat pour rassembler la gauche.
"Les gens qui vont venir sauront pourquoi ils votent Olivier Faure", affirme un partisan, convaincu que le premier secrétaire, qui a "réancré le parti à gauche", a "la structuration militante la plus robuste".
Mais "son problème, c'est l'incarnation, il a du mal à susciter l'enthousiasme", regrette un élu parisien de gauche, qui le donne perdant.
Et de prédire : au lendemain de la primaire, "des voix vont s'élever pour demander sa démission".
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