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Rima Hassan dénonce des "manquements" des policiers lors de sa garde à vue

| AFP | 145 | Aucun vote sur cette news
Image tirée d'une vidéo d'AFPTV montrant l'eurodéputée LFI Rima Hassan s'adressant aux journalistes après sa libération de garde à vue à Paris, le 2 avril 2026
Image tirée d'une vidéo d'AFPTV montrant l'eurodéputée LFI Rima Hassan s'adressant aux journalistes après sa libération de garde à vue à Paris, le 2 avril 2026 ( Nassim GOMRI / AFP/Archives )

Quinze jours après les fuites dans la presse lors de sa garde à vue dont une information, démentie ensuite, selon laquelle elle détenait de la drogue, l'eurodéputée LFI Rima Hassan saisit le Défenseur des droits en accusant des policiers de "manquements".

La responsable politique franco-palestinienne avait été convoquée et placée en garde à vue le 2 avril à la suite d'une publication sur X, effacée ensuite. A son issue, le parquet avait indiqué qu'elle serait jugée pour apologie du terrorisme.

Des fuites dans la presse avaient fait état de la présence de drogue dans ses affaires. L'enquête sur une éventuelle détention de stupéfiants l'a démenti plus tard, avant d'être classée sans suite.

"Au vu de la gravité des manquements susceptibles d'avoir été commis, il est indispensable qu'une enquête intervienne rapidement", a déclaré à l'AFP l'avocat de Rima Hassan, Vincent Brengarth.

Placement en geôle sans "nécessité", questions sur sa pratique religieuse et les valeurs de la République: la défense de l'eurodéputée dénonce une série de "manquements" des policiers du 2e district de police judiciaire.

Elle dénonce aussi une étude de la géolocalisation de son téléphone sur trois mois, l'exploitation de son emploi du temps ou des recherches auprès d'Air France, des investigations "totalement disproportionnées" selon elle et sur lesquelles Mediapart se penche également dans une enquête publiée jeudi.

L'eurodéputée LFI Rima Hassan  et son avocat Vincent Brengarth lors d'une conférence de presse, le 3 avril 2026 à Paris
L'eurodéputée LFI Rima Hassan et son avocat Vincent Brengarth lors d'une conférence de presse, le 3 avril 2026 à Paris ( Blanca CRUZ / AFP/Archives )

"Ces informations (sont) très graves et portent atteinte à l'État de droit", a commenté l'équipe de la parlementaire européenne. Celle-ci demande aussi à la Défenseure des droits Claire Hédon de se pencher sur l'affaire de la découverte d'une prétendue drogue de synthèse, la 3-MMC.

En cause notamment selon elle, la façon dont les PV des policiers ont pu faire état de la présence potentielle dans des capsules de 3-MMC, bien que Rima Hassan leur ait indiqué "spontanément" qu'il s'agissait "de CBD acheté parfaitement légalement".

Les policiers "ont immédiatement mentionné" cette drogue de synthèse sans test approfondi, de façon "aussi hâtive qu'injustifiée", assure la défense de l'eurodéputée. Ils ont aussi nommé le scellé "3-MMC" "avant tout test en laboratoire", dénonce-t-elle.

Violation du secret de l'enquête ?

Rima Hassan a eu beau indiquer qu'il s'agissait de CBD et non de drogue, ses déclarations "ne figurent pas dans le procès-verbal", qu'elle a refusé de signer, une omission qui a obligé "le parquet à se positionner sans avoir aucun élément de contradiction", affirme-t-elle.

La défense de Rima Hassan estime que les fuites dans la presse peuvent avoir été "favorisées par l'anonymat des fonctionnaires", que la garde à vue a été émaillée de "tensions" et qu'elles sont intervenues "après une insistance" des policiers "à vouloir faire figurer l'information selon laquelle la matière +s'apparenterait+ à de la 3-MMC" dans le PV.

La présence de "quelques grammes de drogue de synthèse" dans le sac de l'élue de 33 ans avait été rapportée dans la presse en pleine garde à vue, ce qu'une source proche du dossier avait confirmé à l'AFP.

Sans communiquer en cours de garde à vue, le parquet de Paris avait mentionné à l'issue de celle-ci "la présence de matières s'apparentant d'une part à du CBD et d'autre part à de la 3-MMC". Le lendemain, le ministère public indiquait qu'il fallait attendre les résultats "d'analyses complémentaires" du produit pour se prononcer.

L'enquête a ensuite été classée sans suite.

La justice se penche sur une possible violation du secret de l'enquête: le parquet a lancé des investigations le 3 avril, "au regard de la temporalité et du degré de précisions des informations qui ont été publiées dans les médias au cours même de la garde à vue et avant toute communication légale".

Rima Hassan a porté plainte elle aussi, s'appuyant notamment sur un article du Canard Enchaîné, qui affirme que le porte-parole du ministère de la Justice, Sacha Straub-Kahn, a échangé avec plusieurs journalistes pendant l'audition de Rima Hassan et discuté du contenu de sa garde à vue.

M. Straub-Kahn a dénoncé des "allégations mensongères du Canard Enchaîné" et porté plainte à son tour pour diffamation. Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a saisi l'Inspection générale de la justice sur ces fuites.

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