Août 2026 a été le mois le plus chaud jamais mesuré dans le monde
La chaleur a atteint des niveaux jamais vus en août sur la planète, a constaté jeudi le service météorologique européen Copernicus, avec le mois le plus chaud jamais mesuré à l'échelle du globe et le pire été pour l'Europe occidentale.
"Le mois d'août 2026 a été un mois remarquable dans l'histoire du climat mondial", a commenté Samantha Burgess, scientifique au Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (ECMWF), citée dans un rapport mensuel de Copernicus dressant ces conclusions jeudi.
"Les humains n'ont pas connu des températures aussi élevées qu'aujourd'hui depuis, selon toute vraisemblance, au moins 100.000 ans", a-t-elle ajouté, interrogée par l'AFP.
Selon une analyse de l'AFP à partir de ces données, 1,3 milliard de personnes sur Terre ont connu entre juin et août l'été boréal le plus chaud.
De New York à Tokyo, en passant par Rome et New Delhi, l'été 2026 a été marqué par des températures extrêmes partout dans l'hémisphère nord, bouleversant la vie quotidienne des livreurs à vélo, des ouvriers sur les chantiers, des vacanciers sur les plages, ou simplement des personnes vulnérables chez elles.
16,96°C
Avec 16,96°C de température moyenne de l'air, août 2026 est le mois le plus chaud jamais mesuré, tous mois confondus, a calculé Copernicus, dont les données remontent à 1940.
A la deuxième place figure juillet 2023 avec 16,95°C. Copernicus précise à l'AFP qu'il place les deux "ex aequo", en raison de la marge très fine séparant ces deux mesures.
La période allant de juin à août est aussi considérée comme la plus chaude jamais enregistrée, à égalité avec 2024, précise Copernicus au lendemain de l'annonce par l'agence météorologique américaine de l'été le plus chaud dans le pays en plus de 130 ans.
D'autres sources de données permettent aux scientifiques de remonter plus loin en s'appuyant sur des éléments datant d'une époque bien plus lointaine. Selon eux, la période actuelle serait probablement la plus chaude que la Terre ait connue au cours des 125.000 dernières années.
"Si l'humanité ne réduit pas la pollution liée aux énergies fossiles sur notre planète, la chaleur accablante, les incendies et les sécheresses de cet été paraîtront bien modérés comparés au cauchemar climatique permanent qui s'ensuivra", a réagi jeudi le patron de l'ONU Climat, Simon Stiell à Bruxelles, exhortant à "une action mondiale concertée".
Le phénomène climatique El Niño fait aussi monter cette année la température des océans de manière cyclique. Les scientifiques craignent qu'il n'aggrave le réchauffement, tout en amplifiant les phénomènes météorologiques extrêmes.
"Tant que nous continuerons à brûler du charbon, du pétrole et du gaz, ces mois aux records pulvérisés continueront tout simplement de se succéder", a commenté Friederike Otto, professeur de climatologie à l'Imperial College de Londres.
L'Europe en surchauffe
La température moyenne mondiale a été en août 1,65°C supérieure à la moyenne des niveaux préindustriels, note aussi Copernicus, soit davantage que la limite la plus ambitieuse fixée lors de l'accord de Paris sur le climat en 2015, pour la première fois depuis novembre 2025. Mais cette limite de 1,5°C s'entend pour sa part en moyenne sur de nombreuses années.
Durant cet été caniculaire qui a affecté les organismes de milliards d'individus, l'Europe occidentale a traversé "une succession de vagues de chaleur exceptionnellement précoces, persistantes et intenses", et enregistre l'été le plus chaud de son histoire, constate aussi Copernicus.
France, Royaume-Uni, Belgique... Les agences météorologiques se sont succédé ces dernières semaines pour annoncer un été record. Plus de 30.000 décès excédentaires ont aussi été enregistrés selon des données provisoires publiées par la plateforme EuroMomo, qui inclut des remontées statistiques de 23 pays européens, et par les autorités de santé, à la fin-août.
Les vagues de chaleur ont aussi largement touché les océans, relève Copernicus, la température moyenne mensuelle en surface des océans hors des régions polaires ayant été la plus élevée jamais enregistrée, à égalité avec mars 2024.
"Dans des régions telles que le Pacifique équatorial et les mers régionales européennes, d'intenses vagues de chaleur marines ont persisté pendant plus de 60 jours", a souligné Simon van Gennip, responsable de la surveillance des océans chez Mercator Ocean International dans un document publié aussi jeudi par Copernicus.
"Ce qui met en évidence à quel point ces conditions océaniques chaudes ont été inhabituelles et persistantes", a-t-il ajouté.
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