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Coquerel (LFI) demande "solennellement" à Macron de ne pas nommer Montchalin à la Cour des comptes

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La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, à l'Assemblée nationale, le 7 janvier 2026 à Paris
La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, à l'Assemblée nationale, le 7 janvier 2026 à Paris ( Ludovic MARIN / AFP )

Le président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Éric Coquerel (LFI), a demandé "solennellement" mardi à Emmanuel Macron de ne pas nommer Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes pour "garantir le minimum de neutralité et d'indépendance" indispensable à l'institution.

"Je le dis de la manière la plus calme possible du fait de mes fonctions mais je demande solennellement au Chef de l'Etat (...) de revenir sur la nomination d'Amélie de Montchalin", a écrit le député insoumis sur X.

La nomination de l'actuelle ministre des Comptes publics, qui a ferraillé des mois durant à l'Assemblée nationale pour faire passer le budget 2026, est attendue en conseil des ministres mercredi.

Sans remettre en cause "la qualité de la personne", M. Coquerel a estimé que cela ferait courir un "danger" à une institution "en laquelle les Français ont confiance", jugeant qu'elle ne pourrait "garantir le minimum de neutralité et d'indépendance vis-à-vis du pouvoir en place que réclame cette fonction décisive".

"Comment la ministre actuelle pourrait aussi donner un avis crédible sur le prochain budget qu'elle a elle-même préparé ?", a-t-il interrogé.

"La République des copains se porte bien. Après huit années à accompagner le déficit public dans le fossé, elle pourra donc rendre un avis éclairé sur son propre budget", a de son côté raillé sur X le député Debout! (ex-LFI) François Ruffin.

De l'autre côté de l'échiquier politique, le vice-président du Rassemblement national, Sébastien Chenu, a dénoncé sur franceinfo "le verrouillage par les copains de la Macronie de tous les organes" institutionnels.

"Ce n'est pas une question de compétences", a-t-il reconnu mais "elle a été ministre d'un budget et demain, elle va juger ce budget en tant que présidente de la Cour des comptes: elle est juge et partie", a-t-il critiqué, évoquant "un scandale vraiment démocratique".

L'allié du RN, Eric Ciotti (UDR), a également dénoncé sur X "un passage en force", critiquant la nomination d'Amélie de Montchalin à 40 ans, "à un poste inamovible" puisque la limite d'âge est fixée à 68 ans, "alors que l'usage n'avait jamais vu un président nommé avant ses 58 ans".

En défense, le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a décrit au contraire sur France 2 "quelqu'un qui saura gouverner cette institution en toute indépendance" et lui apporter "une énergie dont peut-être (elle) a besoin".

"Ce genre de procès, je les vois bien poindre, ils sont je pense déplacés", a-t-il ajouté, alors que l'actuel président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, avait également été ministre des Finances, "un gage de compétence", a estimé M. Lescure.

La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, s'est également félicitée sur Europe 1, que le président Macron "nomme une femme", pour la première fois de l'histoire de la Cour, vieille de plus de 200 ans.

Interrogée sur un éventuel conflit d'intérêt, elle a balayé d'un revers de main: "A partir du moment où les compétences sont là, pour moi, ça n'est pas un sujet".

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