Taux : une détente fragile, l'actualité demeure fluctuante et incertaine
(Zonebourse.com) - Après une des pires semaines sur les marchés obligataires depuis mars 2025 (en Europe comme aux USA), quelques espoirs de reprise de la circulation maritime (sous conditions) dans le détroit d'Ormuz apportent un peu de réconfort aux marchés obligataires, le prix du Brent ayant nettement reculé de tôt ce lundi matin jusque vers 15 H (-6 USD), avant de se redresser de 3 USD entre 15H et 18H (vers 103 USD).
Les T-Bonds ont effacé jusqu'à -7 points mais réduisent un peu leurs gains : -4,5 pts sur le 10 ans à 4,2400%, le 30 ans efface -3 pts à 4,879%, le "2 ans" -3,8 pts à 3,696%.
Les prix du pétrole ont flambé en Arabie Saoudite ce dimanche, après que Donald Trump a annoncé le bombardement de l'île de Kharg, une minuscule bande de terre par laquelle transite la majeure partie des exportations de pétrole iraniennes. Téhéran a pour sa part assuré que si ses installations pétrolières venaient à être détruites, toutes celles des alliés des Etats-Unis dans le Golfe le seraient à leur tour.
Trump a fait savoir qu'il pourrait potentiellement conduire de nouvelles frappes "juste pour le plaisir"... ce qui en revanche n'a pas fait plaisir aux monarchies du Golfe, auxquelles Trump suggère de prendre davantage en main leur propre défense, alors qu'elles pensaient que les accords d'établissement de base USA sur leur sol incluaient une protection "étanche" contre toute attaque extérieure.
Non seulement cette étanchéité n'existe pas, mais les risques d'intensification des représailles iraniennes menacent plus que leurs exportations pétrolières : tout leur modèle économique semble à revoir.
Les experts de TP-ICAP considèrent que la volatilité des prix du baril de pétrole et du gaz devrait perdurer, que le blocage du détroit d'Ormuz pourrait encore durer et que les échanges de missiles se poursuivront".
En ce qui concerne la circulation des navires commerciaux dans le détroit lui-même, le site MarineTraffic a fait savoir qu'un navire non-iranien, le pétrolier Aframax Karachi, transportant du pétrole brut d'Abu Dhabi, avait traversé le passage, transpondeur activé, laissant supposer que certains chargements pourraient bénéficier d'un passage sécurisé négocié (l'Inde a obtenu la semaine dernière l'autorisation de faire circuler ses pétroliers).
Mais les marchés de taux US ne sont pas sereins car d'autres nuages s'accumulent à l'horizon : "Si la guerre en Iran est sur toutes les lèvres, un autre sujet commence à émerger : celui de la dette privée américaine", prévient Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM.
Plusieurs grands acteurs américains ont en effet appliqué des décotes sur une partie de leur portefeuille de dette privée ces dernières semaines, suscitant des interrogations autour des rendements futurs. "Les décotes annoncées sont souvent préventives afin de décourager les investisseurs de sortir", souligne l'expert, qui n'imagine "pas de contagion à la dette privée européenne, pour le moment".
Pourtant, Deutsche Bank a émis ce lundi un "warning" sur la hausse du taux défaut des entreprises allemandes, notamment celles lourdement impactées par la flambée des prix de l'énergie depuis mars 2022.
Les Bunds effacent -2,3 pts vers 2,9520%, nos OAT -5 pts à 3,618%, les BTP italiens -5,7 pts à 3,7300%.
Dans un contexte où le géopolitique l'emporte heure par heure - au gré des rumeurs vraies ou fausses (surtout fausses depuis 15 jours) - la "macro" est reléguée au second plan.
Wall Street a ignoré la publication de l'indice "Empire State" : l'activité manufacturière a pratiquement stagné dans l'Etat de New York en mars et l'indice général des conditions économiques a chuté de sept points pour atteindre -0,2 (cet indice est traditionnellement volatil, un écart de 7 pts n'est pas très impressionnant).
Par ailleurs, après une augmentation de 0,7% en janvier par rapport au mois précédent (confirmée par rapport à l'estimation initiale), la production industrielle américaine s'est accrue de 0,2% en février, à comparer à une hausse de 0,1% attendue selon Jefferies... là encore, des écarts qui n'ont guère de chance d'infléchir le diagnostic de la FED dont la réunion de politique monétaire débute demain.
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source : AOF
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