Les syndicats dans la rue jeudi pour les salaires, le gouvernement sous pression et "vigilant"
Plus de 250 rassemblements partout en France mais des parcours de manifestations sujets de bras de fer avec les autorités : les syndicats préparent leur journée de mobilisation pour les salaires jeudi, nouveau jalon d'un automne social houleux, face auquel le gouvernement se dit "extrêmement vigilant".
Annoncée début octobre, cette journée doit rassembler salariés du privé, du public et retraités mais aussi lycéens et étudiants mobilisés depuis des semaines.
Quelque 252 actions et manifestations sont annoncées à ce stade, selon une carte de la CGT. Les autorités attendent 500.000 à 700.000 personnes hors Paris et 40.000 à 80.000 personnes dans la capitale, soit davantage que les 550.000 dénombrées par le ministère de l'Intérieur le 17 octobre.
Le gouvernement est "extrêmement vigilant", selon sa porte-parole Maud Bregeon, "parce qu'il est hors de question qu'on revive, de quelque manière que ce soit (..) ce qu'on a pu traverser le 17 octobre", quand scènes de violences et de pillage s'étaient déroulées en marge des défilés dans plusieurs villes.
Mardi, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a demandé aux préfets et responsables de sécurité de prévoir des "dispositifs robustes" pour cette journée "sensible", selon un télégramme consulté par l'AFP, préconisant notamment des contrôles en amont des rassemblements pour "limiter la circulation de profils à risques".
Les secrétaires générales de la CGT et de la CFDT ont fustigé les conditions d'organisation des manifestations, déplorant des cortèges souvent éloignés des centres-villes et des décisions tardives qui compliquent leur sécurisation.
Selon Sophie Binet, de la CGT, 20 départements sont concernés par des restrictions autour des parcours.
Jeunes et gilets jaunes en soutien
La SNCF anticipe jeudi un trafic "perturbé" sur la plupart de ses lignes régionales et franciliennes et "légèrement perturbé" pour les TGV. Le ministère de l'Éducation nationale table sur environ 17% de grévistes à l'école primaire.
Cette journée fait suite à trois samedis consécutifs de mobilisation contre la vie chère, épousant les codes des gilets jaunes et soutenue seulement par certains syndicats. Jeudi, toutes les principales organisations de travailleurs - même le syndicat de l'encadrement CFE-CGC, initialement plus réservé - reprennent la main.
La coordination des gilets jaunes, qui joue un rôle central dans l'organisation des manifestations depuis le 17 octobre, participera à la grève et aux blocages de jeudi.
Au-delà du 5 ?
En amont, le gouvernement a mis en avant la baisse des prix du gazole dans 6.000 des 10.000 stations-service françaises à la suite du déblocage de stocks stratégiques.
Il a également laissé entendre qu'il pourrait faire un geste sur le Smic, alors que les revendications des syndicats se cristallisent autour des salaires, sur fond d'inflation (+3,4 %).
Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a évoqué de possibles mesures concernant le Smic ou les négociations dans les branches et les entreprises.
La CGT réclame une hausse du Smic de 10 %, et la CFDT, pourtant traditionnellement réticente aux coups de pouce par crainte de tasser l'échelle des salaires, de 100 euros net.
Le gel du point d'indice des fonctionnaires concentre également la colère des syndicats, comme le maintien d'aides aux entreprises dans des branches dont les minima sont inférieurs au Smic.
Solidaires appelle à reconduire la grève au-delà du 5, comme la coordination des gilets jaunes qui entend maintenir la pression jusqu'à samedi, date annoncée de l'"Acte IV" du mouvement.
Des syndicats et associations de droit au logement de sept pays (France, Espagne, Belgique, Italie...) appellent en outre à des "manifestations coordonnées" contre la vie chère fin novembre.
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