Des chambres froides de l'Établissement français du sang victimes d'une cyberattaque d'un prestataire
Des chambres froides contenant des stocks issus de dons du sang ont subi une cyberattaque, qui ciblait un prestataire frigorifique de l'Établissement français du sang, sans "impact sanitaire", ont confirmé le cabinet de la ministre de la Santé et l'EFS après une information du Canard Enchaîné.
Après un "incident de cybersécurité" ayant touché lundi des installations de supervision et de pilotage de chambres froides dans trois sites régionaux, "des anomalies ont été signalées, entraînant une altération des paramètres de fonctionnement de chambres froides équipées de la solution du prestataire", selon un communiqué de l'EFS.
Selon Le Canard Enchaîné, qui l'a révélé mardi, un piratage a touché la société Coolworld, un prestataire de l'EFS spécialisé dans les solutions de réfrigération, notamment en Bourgogne-Franche-Comté. "Les chambres froides, où sont conservés à –30 °C des échantillons de donneurs, ont été programmées pour atteindre 110°C!", a rapporté l'hebdomadaire.
"Seul un nombre limité d’unités Coolworld a été affecté" par "l’incident de cybersécurité" sur un logiciel de surveillance à distance des systèmes de réfrigération, qui a affecté "un composant fourni par un prestataire tiers", a affirmé la société dans un communiqué mercredi, ajoutant avoir "réagi rapidement en mettant en place les mesures appropriées".
Les chambres froides contenaient des échantillons de prélèvements sanguins ainsi que des poches de plasma destinées à des transfusions sanguines mais aussi à la fabrication de médicaments.
Mais "aucun impact sanitaire n’a été identifié et aucune perte de produits sanguins n’est à déclarer", a assuré l'EFS. L'incident aurait été repéré par un technicien de permanence, permettant une intervention rapide.
Grâce à "des systèmes de supervision indépendants de ce fournisseur", l'EFS a "pu réagir extrêmement rapidement", a déclaré sur RTL Sophie Le Cam, sa directrice générale adjointe.
"La sécurité des stocks a pu être préservée grâce aux dispositifs de surveillance et d'alarme des installations, ainsi qu'aux mesures de précaution immédiatement mises en oeuvre", a renchéri le cabinet de Stéphanie Rist.
Neutralisation des accès à distance des équipements concernés, renforcement de la surveillance des installations et des conditions de conservation des produits, transfert des produits stockés dans ces chambres froides vers d'autres installations font partie de ces mesures, selon la même source.
Selon le cabinet de la ministre, "des investigations techniques se poursuivent afin de préciser: le mode opératoire et les circonstances de l'incident, le nombre total d'équipements potentiellement concernés, les conditions et le calendrier de remise en service des installations affectées".
"La surveillance du fonctionnement et des températures de l’ensemble de nos équipements est renforcée", assure l'Etablissement français du sang, créé après la crise du sang contaminé et chargé depuis d'assurer le "service public du sang", des donneurs aux patients.
Ce type d'attaques, "ça devient la réalité de notre nouveau monde, et nous devons encore rehausser notre niveau de vigilance", a jugé Sophie Le Cam, selon laquelle l'EFS va "rajouter des couches de sécurité pour (...) assurer la continuité de notre activité, critique pour le système de soins".
Un nouveau bilan de la situation sera diffusé une fois consolidées les informations techniques recueillies auprès des établissements touchés par la cyberattaque, selon le ministère.
Cette nouvelle cyberattaque touchant le monde de la santé, via un prestataire frigorifique, intervient peu après une cyberattaque présumée ayant visé les réfrigérateurs et congélateurs de supermarchés d'une douzaine de pays européens, dont la France. On ignore à ce stade s'il y a un lien.
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